Thamus : Voyage dans l’âme
7 octobre 2023 // Arts Plastiques // 7752 vues // Nc : 165

Andrianantoanina Mamy Heriniaina, mieux connu sous son nom d’artiste peintre, Thamus, a réalisé la couverture du no comment® magazine de ce mois d’octobre. Cette œuvre est extraite de sa collection intitulée « Broken but hoping » (Brisé, mais ayant de l’espoir) et le tableau spécifique porte le nom évocateur de « Odyssée », phase finale vers la lumière. 

Thamus a réussi à équilibrer et à porter avec fierté son œuvre en symbolisant l'harmonie entre la lumière et les ténèbres. « Les nuances sombres et lumineuses de cette toile reflètent mon propre voyage. Pendant une période de ma vie, j'étais au plus bas, mais j'ai progressivement trouvé la lumière. Une odyssée que j'ai traduite dans ma collection. »  Chaque tableau de la collection « Broken but hoping » marque une étape de son parcours, de l’obscurité à la lumière, mettant en exergue l’importance de trouver un équilibre entre les aspects positifs et négatifs de la vie.
Les débuts artistiques de Thamus remontent à ses années au Cercle Germano-Malagasy (CGM) où il a suivi des cours d’art pendant quatre ans. En 2018, il est devenu membre de l’association Varatava, une communauté d’artistes portraitistes. Cette année-là, il a également organisé sa première exposition solo et collective, marquant le début de sa carrière d’artiste. « J’ai fait une pause artistique d’un an à un moment donné, puis j’ai réalisé que cette pause était bénéfique, car cela m’a permis de produire des œuvres encore plus créatives à mon retour. »   

Thamus a bel et bien compris que la création artistique ne consiste pas à créer tous les jours, mais à laisser émerger de nouvelles idées avec le temps.

Dans son art, Thamus explore principalement des thèmes de spiritualité et d’énergie. « J’aspire à exprimer ce qui réside au plus profond de nous, ce qui est invisible, mais puissamment ressenti ». Comme dans sa collection « Multi-expression » reflétant les émotions intérieures que nous ne percevons pas toujours consciemment, mais qui sont bien présentes. « Les tableaux de cette collection ont touché beaucoup de gens jusqu’à susciter des émotions et des réflexions personnelles. »  Ce qui rend ses créations encore plus fascinantes, c’est l’attention méticuleuse aux détails. « Si l’on observe de près les tableaux, on découvre délibérément quelques fissures discrètes. Ces fissures, subtiles, jouent un rôle essentiel dans mon œuvre. Comme dans la collection Broken but Hoping. Elles représentent une étape cruciale vers la lumière. »

En effet, la création de ses tableaux demande du temps, en allant de quelques jours à plusieurs mois, en fonction de la complexité de chaque œuvre. Le défi réside ainsi dans la capacité à exprimer ce qu’il ressent intérieurement à travers ses toiles. « Ces œuvres ont été une forme d’art thérapie, à la fois pour moi-même et pour ceux qui les contemplent. Mon objectif n’est pas de dicter une interprétation spécifique de ces œuvres, mais plutôt d’inviter chacun à ressentir et à interpréter librement ». Mais Thamus ne se limite pas à la peinture. Il partage également son talent en tant qu’enseignant d’art en incitant ses élèves à explorer leur propre intériorité pour créer des œuvres significatives. Depuis 2021, il s’est aussi lancé dans l’art du tatouage, une autre forme d’expression artistique qui lui permet de raconter les histoires de ses clients à travers des œuvres à l’encre.

« Actuellement, je me consacre à un nouveau projet artistique, une collection en cours d’élaboration ». Cela dit, il prend son temps pour laisser son inspiration se développer naturellement. Ses œuvres sont une invitation à explorer les profondeurs de l’âme humaine qui transcende les mots et laisse une empreinte indélébile. Comme disait Georges Rouault : « la peinture est une manière d’exprimer l’âme humaine. C’est la mienne ».

ODYSSEE
-Dimension : 70cm x 90cm
-Medium & technique : Huile sur toile, technique au couteau
-Année : 2022
Enveloppez-vous de douceur et laissez-vous transporter dans une quête envoûtante, une exploration empreinte d'audace, et un voyage épique à travers des contrées inconnues et des situations exceptionnelles. Cette notion évoque une dimension héroïque où la détermination triomphe des obstacles, guidant vers un objectif final à atteindre. Laissez-vous bercer par cette invitation à l'aventure, où la grâce et la détermination se marient harmonieusement pour créer une expérience inoubliable.

EMERGENCE EPIQUE
-Dimension : 100cm x 120cm
-Medium & technique : Huile sur toile, technique au couteau
-Année : 2022
Plongez au cœur d'une quête palpitante, une épopée audacieuse où les horizons s'étendent à l'infini. Laissez-vous porter par la détermination qui surmonte les obstacles, guidant vers une destinée grandiose. Ce tableau incarne une aventure épique où la passion et la bravoure se conjuguent pour créer un récit mémorable, où chaque étape dévoile de nouvelles possibilités.

VOYAGE VERS L’INCONNU
-Dimension : 60cm x 70cm
-Medium & technique : Huile sur toile, technique au couteau
-Année : 2022
Une porte mystérieuse s'ouvre sur un chemin inexploré, appelant les âmes intrépides à se lancer dans une quête envoûtante. Dans ce tableau, l'audace et la curiosité s'entrelacent, conduisant vers des découvertes inattendues et des moments de pure fascination. Laissez-vous envoûter par cette invitation à l'aventure, où la beauté de l’inconnu réside dans chaque pas franchi.

Propos recueillis par  Cédric Ramandiamanana
Contact : +261 38 89 006 55

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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