Joe le taxi : thriller fantastique
6 juillet 2022 // Cinéma // 5381 vues // Nc : 150

Projeté en première en mai dernier au Canal Olympia Iarivo, « Joe » aborde brillamment le thriller fantastique, un genre peu exploité à Madagascar. En plus du jeu d’acteurs, le professionnalisme de l’équipe technique est également à souligner.

Joe (1 h 34, 2022) produit par Watch’ Entertainment Studio, écrit et réalisé par Zo Tahiana Hariminoson, raconte l’histoire d’un chauffeur de taxi nommé Joe. Joe a déjà perdu son épouse, emportée par la maladie., et maintenant c’est sa fille qui souffre d’une maladie incurable.
Un soir, il consulte une sorcière-tradipraticienne qui lui promet de la guérir. Cependant, ce service a un coût qui le fera tomber dans une spirale, entraînant deux jeunes femmes avec lui : Corinne, superviseuse dans une boîte, traumatisée par les moqueries grossophobes dont elle a été victime durant son enfance, et Miora, chassée par ses parents à cause d’une erreur de jeunesse et peinant à trouver un premier boulot.

On apprécie d’emblée le fait que le protagoniste et les deux personnages secondaires sont bien caractérisés. Ils ont des objectifs clairs et la volonté de les atteindre coûte que coûte.
Ils ont des qualités mais aussi des défauts et leurs actions impactent l’intrigue remplie de suspense et de rebondissements.

Cette qualité du scénario est sans doute un facteur-clé qui a aidé les acteurs Herizo Rabary (Joe), Ratsimbazafy Miangaliniaina Harinjatovo (Corinne) et Ravonjinimanana Onylie Vania (Miora) à jouer de façon convaincante.

Joe se démarque également par le professionnalisme de son équipe technique, une cinquantaine decollaborateurs d’après le producteur Arija Harijaona. Le résultat est en proportion avec une qualité visuelle et sonore de haut niveau, de même la colorimétrie et les éclairages mis au point par le directeur de la photographie Andry Rakotoarivony. Tessa Ratovonar a signé la musique et les ambiances sonores et Andry Ranoarivony le mixage et la mastérisation. Mention spéciale pour le travail remarquable de Mihamintsoa Rakotoniaina  qui était en charge du maquillage des acteurs et des figurants.


Aina Randrianatoandro
Association des critiques cinématographiques de Madagascar (ACCM)

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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