Mariam Amyra : Fun et Flow
13 février 2024 // Arts Plastiques // 4897 vues // Nc : 169

D’origine franco-égyptienne, Mariam Amyra est une artiste peintre passionnée qui s’apprête à présenter sa première exposition intitulée « Fun et Flow » à l’Hôtel de Ville à Analakely du 2 au 11 février. Elle réalise ainsi la couverture du no comment® magazine de ce mois de février 2024, une ode à la beauté enchanteresse de Madagascar.

Que représente votre œuvre sur la couverture du magazine ce mois-ci ?
Ce tableau s’appelle « Terre Rouge », faisant partie d’une série de tableaux en splash qui tire son inspiration des couleurs de Madagascar. Chaque splash de la série représente une couleur caractéristique de l’Île et la silhouette stylisée en noir représente le zébu. Chaque tableau de la série, composé de splash représente un élément de Madagascar.
On y découvre la terre rouge symbolisant l’élémentaire, une représentation de la mer sous la forme d’une baleine, une évocation récente de la forêt sèche, et pour symboliser l’air, un magnifique coucher de soleil. Bien que la sé- rie soit actuellement une quadrilogie, j’explore déjà la possibilité d’en ajouter un cinquième. Ainsi, chaque tableau représente un élément essentiel de la nature (la terre, l’eau, le bois, l’air).

Parlez-nous de vos débuts en tant qu’artiste ?
Depuis mon enfance, le dessin et la peinture ont toujours fait partie de ma vie. Cependant, j’ai poursuivi des études scientifiques et puis j’ai travaillé comme développeuse informaticienne. Après avoir exploré le monde en vivant au Maroc, en Thaïlande, au Vietnam, et à Madagascar depuis trois ans, j’ai ressenti le désir de revenir à ma passion. Cela a pris du temps, car je doutais de ma légitimité, n’ayant pas suivi d’études en beaux-arts. En tant qu’autodidacte, la question des cours s’est posée, mais je me suis rendu compte que cela pouvait limiter ma créativité en me plaçant dans des cadres techniques. J’opte plutôt pour l’exploration personnelle des techniques. J’ai vendu des tableaux en ligne, de bouche à oreille, et bien que montrer mon travail était initialement difficile, maintenant c’est le moment de le mettre en lumière.

Fun et Flow...
J’adopte deux styles très distincts : le pop art (Fun) et la peinture intuitive (Flow). Cette dernière est profondément abstraite, où je canalise les énergies. Lorsque je commence un tableau intuitif, je m’immerge dans un état méditatif, sans idée préconçue sur les couleurs ou le résultat final. Mon but est d’éteindre le mental et de me laisser guider par les énergies. Certains tableaux peuvent être réalisés en quelques jours, d’autres peuvent prendre des mois en fonction de la canalisation des énergies. En général, ces tableaux touchent les personnes et évoquent des émotions, révélant ainsi la sensibilité de l’observateur à l’énergie dégagée. Les tableaux pop, quant à eux, sont destinés à la décoration des salons, pour mettre de la couleur, avec leur ambiance fraîche, gaie et joyeuse. Leur réalisation peut être rapide ou prendre davantage de temps.

Parlez-nous de vos techniques ?
Même si j’ai deux styles différents, il y a des techniques communes que j’applique dans les deux. J’apprécie particulièrement travailler par superposition de couches, en jouant avec la transparence. Par exemple, en appliquant d’abord une couche de jaune, puis en ajoutant une couche transparente de rouge par-dessus, cela crée un effet orangé avec un contraste saisissant entre les deux couleurs, donnant une impression de relief. Ainsi, la texture se forme directement dans la peinture elle-même, évitant les tableaux lisses. J’utilise parfois des matériaux locaux tels que la terre de Madagascar, l’argile jaune ou le sable pour créer une texture, en plus de la superposition des couleurs. Une autre technique que j’affectionne est celle que j’appelle « travail par destruction ». Cela implique de peindre plusieurs couches, puis de détruire délibérément certaines d’entre elles pour révéler celles qui se trouvent en dessous.

La suite de l’aventure ?
J’ai le désir de réaliser d’autres expositions, un peu insolites, exploitant le matériel dont je dispose. J’ai déjà des idées en tête, mais cela nécessitera une collaboration avec d’autres artistes. Pour ma première exposition à l’Hôtel de Ville, je mélange les deux styles pour offrir au public une vision globale de mon travail. Toutefois, pour les expositions à venir, j’envisage de présenter chaque style séparément. Je pense également à des expériences multi sensorielles, où pendant l’exposition, un pianiste pourrait créer une ambiance douce en harmonie avec les tableaux classiques, tandis que pour les tableaux pop, pourquoi pas un DJ ou un saxophoniste. L’idée est de créer une soirée immersive en accord avec l’énergie dégagée par les tableaux.

MORA MORA
Acrylic sur toile, 100cm x 100cm
Tableau pop Je voulais un tableau qui représente le côté détendu malgache, le « mora mora », les tonalités rouges représentent la terre malgache, les notes dorées, elles, représentent le trésor qu’est cette île si précieuse
PURA VIDA
Acrylic sur toile, 100cm x 65cm
Tableau popPura Vida signifie, au Costa Rica, « la vie est belle, vis le moment présent ». Ce tableau aux couleurs vives et à la pose décontractée du modèle, exprime la légèreté du moment présent, du rire ! Je voulais qu’il respire la joie de vivre !
ESSENCE
Acrylic sur toile, 100cm x 100cm
Tableau intuitifDans Essence, j’ai représenté une énergie puissante, une énergie dont le cœur est un Feu divin, entouré d’une énergie Eau, un équilibre parfait entre le yin et le yang, entre l’Energie féminine et l’Energie masculine.
ODE TO THE BLUE MOON
Acrylic sur toile. 65cm x 50cm
Tableau intuitifOde To the Blue Moon est un exemple de tableau qui s’est profilé tout seul, je ne savais ni où j’allais, ni les couleurs ou mediums que j’allais utiliser.Les silhouettes sont apparues toutes seules et ont donné le nom de ce tableau

Propos recueillis par Cédric Ramandiamanana

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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