Tefy Khaita : Peinture au café
2 décembre 2020 // Arts Plastiques // 5648 vues // Nc : 131

À partir de ce mois décembre, le dessinateur Tefy Khaita expose au no comment® à Isoraka un aperçu de son travail intitulé Betsileo au café.  Betsileo, parce que Tefy est originaire de Fianarantsoa et toujours fier de représenter sa ville ; le café parce qu’il n’hésite jamais à tester de nouvelles façons de peindre ou de dessiner. « L’idée d’utiliser le café m’est venue lorsque, voulant en boire pour soulager une gueule de bois, j’en ai malencontreusement renversé une tasse sur ma table de travail. Lorsque le café s’est répandu sur une feuille, je me suis rendu compte qu’on pouvait vraiment faire quelque chose avec ça ! »

Depuis plus d’un an, Tefy maîtrise parfaitement la technique de la peinture au café. Pour son exposition, il propose 16 tableaux, en petit et grand format. « Je représente des scènes de vie insolites que j’ai vues pendant le confinement, mais aussi des femmes nues. J’aime mettre en avant la beauté du corps féminin. Je travaille à partir de photos mais certains tableaux sont le fruit de mon imagination. »

Tefy excelle également dans l’art du portrait. Il utilise d’autres techniques comme le pointillisme, la sanguine… toutes les techniques sèches qui consiste à travailler sur un support non préparé. « Les artistes qui m’inspirent le plus viennent de Fianarantsoa comme Pierrot Men, qui faisait de la peinture avant d’être photographe, Gaude et sa technique sanguine. » Artiste engagé, Tefy espère reprendre ses ateliers de dessin pou enfants dès que la situation le lui permettra. « Je veux que les enfants s’ouvrent un peu plus dans le domaine artistique car beaucoup sont très doués. 

Mamy ny mody, 24 x 9,5 cm
Velogna ro mitsiky, 29 x 21 cm
Mangingina, 30 x 40 cm
Vatana kafe,16,5 x 31 cm

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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