Tefy Khaita : Peinture au café
2 décembre 2020 // Arts Plastiques // 9187 vues // Nc : 131

À partir de ce mois décembre, le dessinateur Tefy Khaita expose au no comment® à Isoraka un aperçu de son travail intitulé Betsileo au café.  Betsileo, parce que Tefy est originaire de Fianarantsoa et toujours fier de représenter sa ville ; le café parce qu’il n’hésite jamais à tester de nouvelles façons de peindre ou de dessiner. « L’idée d’utiliser le café m’est venue lorsque, voulant en boire pour soulager une gueule de bois, j’en ai malencontreusement renversé une tasse sur ma table de travail. Lorsque le café s’est répandu sur une feuille, je me suis rendu compte qu’on pouvait vraiment faire quelque chose avec ça ! »

Depuis plus d’un an, Tefy maîtrise parfaitement la technique de la peinture au café. Pour son exposition, il propose 16 tableaux, en petit et grand format. « Je représente des scènes de vie insolites que j’ai vues pendant le confinement, mais aussi des femmes nues. J’aime mettre en avant la beauté du corps féminin. Je travaille à partir de photos mais certains tableaux sont le fruit de mon imagination. »

Tefy excelle également dans l’art du portrait. Il utilise d’autres techniques comme le pointillisme, la sanguine… toutes les techniques sèches qui consiste à travailler sur un support non préparé. « Les artistes qui m’inspirent le plus viennent de Fianarantsoa comme Pierrot Men, qui faisait de la peinture avant d’être photographe, Gaude et sa technique sanguine. » Artiste engagé, Tefy espère reprendre ses ateliers de dessin pou enfants dès que la situation le lui permettra. « Je veux que les enfants s’ouvrent un peu plus dans le domaine artistique car beaucoup sont très doués. 

Mamy ny mody, 24 x 9,5 cm
Velogna ro mitsiky, 29 x 21 cm
Mangingina, 30 x 40 cm
Vatana kafe,16,5 x 31 cm

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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