Tania Pierrina : Quand l’habit fait le moine
13 octobre 2024 // Métiers & Petits Métiers // 5751 vues // Nc : 177

Et si « bon produit » ne rimait pas avec « vente réussie » ? Pour la conseillère en image Tania Pierrina, les gens jugent d’abord celui qui vend. Ce constat l’a conduit à accompagner les entrepreneurs et les leaders d’entreprise. Au programme pendant au moins un trimestre : des exercices pour améliorer l’être et le paraître. Ses coachés en sortent transformés.

Qu’est-ce qui fait que quelqu’un inspire le respect rien qu’en marchant ? Son pouvoir ? Sa réussite ? Les profils de ceux qui contactent Tania Pierrina laissent penser le contraire. Même si ce sont des leaders habitués des conférences et des négociations, ils n’ont ni la confiance en soi, ni l’allure, ni la posture. La métamorphose commence donc par un entretien. « On travaille d’abord sur ce qu’il y a à l’intérieur. Le fait qu’on n’ose pas parler en public, les tics, les blessures, toutes ces choses viennent de là. On discute aussi de l’objectif : gagner en notoriété ? vendre un produit ? » Une fois décidé à atteindre son but, l’initié suit les exercices dans un manuel que la conseillère a conçu, en plus des directives personnalisées. Ensuite, elle matérialise la personnalité sur le corps. Là, pas de place pour le hasard. Tout est soigneusement mis en œuvre pour servir l’image que le client veut projeter. « On passe par tout ce qui est visagisme et morphologie, le tri du dressing, l’accompagnement shopping, le travail de posture, et l’atelier de communication ».

Les exercices apprennent comment se tenir debout, comment marcher, bouger, parler, se peigner les cheveux. Sans jamais généraliser, elle nous file quelques secrets : les couleurs claires vont bien avec une pigmentation foncée, porter du bleu atténue un tempérament sanguinaire, l’authenticité d’une montre en dit long sur la classe de celui qui la porte…

Loin d’être limitée dans la mode, l’image joue donc sur l’attitude et les codes du business world. Si Tania Pierrina arrive aujourd’hui à jongler avec tous ces paramètres, c’est grâce à son parcours. Styliste au milieu des années 2010, elle a créé pour des muses. Devenue formatrice au JCI, elle se familiarise avec l’entrepreneuriat. Journaliste pour Essentielle Magazine par la suite, les interviews lui apprennent ce que c’est que le développement personnel, les positive vibes. C’est en 2020 qu’elle se forme pour être conseillère en image, et crée ensuite sa propre entreprise TP Consulting. « Les gens que j’interviewais ne se partageaient pas forcément leurs connaissances, mais je les avais toutes en moi ».

Le métier a bien évolué depuis. À ses débuts, un conseil en image ne durait qu’une semaine. Maintenant, il y a aussi l’image sur les réseaux sociaux. Dans un monde où la couleur d’une cravate peut faire ou défaire un contrat, où chaque texture capillaire provoque des réactions différentes, le métier a de beaux jours devant lui. « Si tu es quelqu’un qui aime lutter et ne pas se conformer aux standards, alors vas-y, continue. Mais à un moment donné tu es fatigué. C’est quelque chose qui te facilite la vie en fait. »

Mpihary Razafindrabezandrina

Contact TP Consulting : 0344563047

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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