SoaFeeling : « L’événementiel est un métier qu’il faut étudier »
11 février 2025 // Métiers & Petits Métiers // 6011 vues // Nc : 181

Avec SoaFeeling, Soa Tina partage son expérience et sa vision dans un secteur concurrentiel et exigeant : l’événementiel. En quelques années, elle a su développer une offre complète et diversifiée, allant de la décoration à la restauration, tout en anticipant les tendances et les besoins des clients. Entre résilience face à la crise sanitaire, importance de la formation et montée en puissance d’une approche plus naturelle, elle revient sur les défis et les succès qui ont marqué le parcours de SoaFeeling depuis sa création.

Pouvez-vous nous présenter les activités principales de SoaFeeling et son évolution depuis sa création ?
SoaFeeling fait partie du groupement Soa & Co, qui inclut également l’hôtel Mia Dolce Vita et BySoa, spécialisé dans la décoration. À SoaFeeling, nous nous concentrons sur l’événementiel. Nous organisons des cabarets, des mariages et divers types de réceptions. L’aventure a commencé par la décoration, et avec l’ouverture de notre espace en 2018, nous avons intégré un service traiteur. Aujourd’hui, nous proposons une offre complète : décoration, restauration, location d’espace et animation. Notre espace actuel, inauguré après avoir constaté une forte demande, peut accueillir jusqu’à 150 personnes. Situé à la campagne, notre concept met l’accent sur le bien-être et le ressourcement. Nous prévoyons d’ailleurs d’ajouter un spa à notre offre pour répondre à cette vision.

Comment avez-vous géré les défis de la crise sanitaire et quelles leçons en avez-vous tirées ?
Pendant la crise, notre activité de décoration sous la marque BySoa a été celle qui a le mieux résisté, grâce à la fermeture des espaces événementiels. L’hôtel a repris progressivement, mais les événements et la restauration ont mis du temps à redémarrer. Ce n’est qu’à partir de juin dernier que nous avons retrouvé un rythme soutenu. Entre juin et décembre, l’activité a atteint un pic, avec des événements chaque week-end. Ces périodes sont cruciales : elles permettent d’évaluer la santé de l’entreprise et d’ajuster notre stratégie pour l’année suivante.

Quelle est votre approche face à la concurrence dans le secteur événementiel ?
Je perçois la concurrence comme une opportunité d’innover. Par exemple, lorsqu’un concurrent a lancé une gamme de pizzas similaire à la nôtre, j’ai choisi d’arrêter pour proposer une alternative plus qualitative. Ce que je déplore, c’est la concurrence qui dégrade l’image du secteur, notamment à cause de prestataires peu formés qui offrent des services de qualité médiocre. Cela affecte l’ensemble des acteurs du marché. Chez BySoa, nous privilégions la qualité et l’authenticité, même si cela signifie parfois refuser des projets. Nous misons aussi sur des visuels impactants et un style reconnaissable pour refléter notre identité.

Quelle place accordez-vous à la formation dans votre métier ?
La formation est la clé d’un positionnement durable. J’ai appris ce métier en explorant toutes ses facettes avant de transmettre mes compétences à mon équipe, qui compte aujourd’hui sept personnes. Ce partage de savoirs est un pilier de notre réussite. De plus, je continue de me former chaque année pour rester à la pointe des tendances. Dans l’événementiel, une expertise solide est indispensable pour répondre aux attentes des clients et garantir des prestations de qualité.

Quelles sont les grandes tendances actuelles en matière de décoration et de restauration ?
Depuis deux ans, la décoration événementielle s’oriente vers un style plus naturel, avec des matériaux organiques, du bois, des fleurs fraîches et des tons terreux. Cela correspond parfaitement à notre ADN, car nous avons toujours privilégié ce type de matériaux. Dans la restauration, les clients sont encore parfois hésitants à adopter cette approche plus organique, mais nous restons attentifs à leurs attentes et aux évolutions du marché. Chaque prestation est une vitrine : lorsqu’elle est réussie, le bouche-à-oreille devient notre meilleur allié.

Quelles sont les qualités essentielles pour prospérer dans ce secteur ?
L’événementiel ne s’improvise pas. Il demande des compétences techniques, un véritable savoir-faire relationnel et une formation continue. Ce métier exige aussi une grande adaptabilité et une capacité à entretenir des relations de qualité avec les clients. Ces interactions vont souvent au-delà des prestations, ouvrant la voie à des collaborations ou à des recommandations. En cultivant un réseau solide et en misant sur la qualité, nous consolidons notre réputation et assurons la pérennité de nos activités.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook: SoaFeeling
soaina.co@gmail.com / 0383407040

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Pierrot Men : Le regard d'une vie

Lire

6 juillet 2026

Pierrot Men : Le regard d'une vie

À l'heure où les écrans débordent de couleurs saturées et d'images consommées en quelques secondes, Pierrot Men rappelle qu'une photographie peut enco...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - Razafindrakoto Fidel - Juillet 2026 - NC 198

Découvrez Razafindrakoto Fidel, fabricant de charrettes dans le no comment® NC 198 – juillet 2026.
Au PK 42 de la RN1, entre Antananarivo et Itasy, les étincelles jaillissent derrière un petit atelier ouvert sur la route. Razafindrakoto Fidel y façonne des charrettes métalliques et des équipements agricoles destinés aux campagnes malgaches. Héritier d'un savoir-faire familial, il perpétue un métier discret mais essentiel.

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir