Tania Pierrina : Quand l’habit fait le moine
13 octobre 2024 // Métiers & Petits Métiers // 5219 vues // Nc : 177

Et si « bon produit » ne rimait pas avec « vente réussie » ? Pour la conseillère en image Tania Pierrina, les gens jugent d’abord celui qui vend. Ce constat l’a conduit à accompagner les entrepreneurs et les leaders d’entreprise. Au programme pendant au moins un trimestre : des exercices pour améliorer l’être et le paraître. Ses coachés en sortent transformés.

Qu’est-ce qui fait que quelqu’un inspire le respect rien qu’en marchant ? Son pouvoir ? Sa réussite ? Les profils de ceux qui contactent Tania Pierrina laissent penser le contraire. Même si ce sont des leaders habitués des conférences et des négociations, ils n’ont ni la confiance en soi, ni l’allure, ni la posture. La métamorphose commence donc par un entretien. « On travaille d’abord sur ce qu’il y a à l’intérieur. Le fait qu’on n’ose pas parler en public, les tics, les blessures, toutes ces choses viennent de là. On discute aussi de l’objectif : gagner en notoriété ? vendre un produit ? » Une fois décidé à atteindre son but, l’initié suit les exercices dans un manuel que la conseillère a conçu, en plus des directives personnalisées. Ensuite, elle matérialise la personnalité sur le corps. Là, pas de place pour le hasard. Tout est soigneusement mis en œuvre pour servir l’image que le client veut projeter. « On passe par tout ce qui est visagisme et morphologie, le tri du dressing, l’accompagnement shopping, le travail de posture, et l’atelier de communication ».

Les exercices apprennent comment se tenir debout, comment marcher, bouger, parler, se peigner les cheveux. Sans jamais généraliser, elle nous file quelques secrets : les couleurs claires vont bien avec une pigmentation foncée, porter du bleu atténue un tempérament sanguinaire, l’authenticité d’une montre en dit long sur la classe de celui qui la porte…

Loin d’être limitée dans la mode, l’image joue donc sur l’attitude et les codes du business world. Si Tania Pierrina arrive aujourd’hui à jongler avec tous ces paramètres, c’est grâce à son parcours. Styliste au milieu des années 2010, elle a créé pour des muses. Devenue formatrice au JCI, elle se familiarise avec l’entrepreneuriat. Journaliste pour Essentielle Magazine par la suite, les interviews lui apprennent ce que c’est que le développement personnel, les positive vibes. C’est en 2020 qu’elle se forme pour être conseillère en image, et crée ensuite sa propre entreprise TP Consulting. « Les gens que j’interviewais ne se partageaient pas forcément leurs connaissances, mais je les avais toutes en moi ».

Le métier a bien évolué depuis. À ses débuts, un conseil en image ne durait qu’une semaine. Maintenant, il y a aussi l’image sur les réseaux sociaux. Dans un monde où la couleur d’une cravate peut faire ou défaire un contrat, où chaque texture capillaire provoque des réactions différentes, le métier a de beaux jours devant lui. « Si tu es quelqu’un qui aime lutter et ne pas se conformer aux standards, alors vas-y, continue. Mais à un moment donné tu es fatigué. C’est quelque chose qui te facilite la vie en fait. »

Mpihary Razafindrabezandrina

Contact TP Consulting : 0344563047

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

Lire

24 décembre 2025

Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

À Madagascar, la troisième édition d'Antson'ny tontolo miaina transforme la matière végétale en poésie visuelle et sculpturale. De la Flow Gallery à I...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir