Razaivelomanana Eva : Faiseuse de bien-être
18 mai 2024 // Métiers & Petits Métiers // 93 vues // Nc : 172

Vous avez forcément déjà vécu cette situation lors de vacances sur les côtes de Madagascar. Arrivé sur les plages les plus fréquentées, on se fait à tous les coups accoster par une horde de personnes dont certains vendent de la nourriture, d’autres des services.

Vous vous êtes déjà demandé comment ça fonctionnait ? Derrière ces gens se cache toute une organisation. Chaque personne que vous voyez sur les plages avec un panier à la main, un seau sur la tête ou autre appartient à une assemblée réunissant un même type de produit ou service. Chaque assemblée est ensuite divisée en plusieurs groupes qui se verront partager leurs bénéfices journaliers. Le long des plages de Maroala à Majunga, Razaivelomanana Eva  fait partie des innombrables personnes qui offrent de ses services aux visiteurs.

Elle s’identifie davantage à son service de massage sur lequel elle s’investît le plus. Sa grand-mère ayant été une masseuse connue de leur quartier, elle a appris en observant et en s’exerçant avec ses proches. Elle considère avoir eu un don dès son jeune âge et avec la bénédiction de sa grand-mère, elle en a fait son métier. Néanmoins, les masseuses englobent les services de mendhi (l’art du dessin au henné sur la peau), de tressage ainsi que de masque de santal ou « masonjoany ». Et contrairement au massage et au tressage qu’elle tient de ses ancêtres, Eva a développé son talent du dessin au mendhi et « masonjoany » grâce à l’expérience. Au début, elle avoue avoir eu du mal au point où les clients ne veuillent pas la payer car les dessins ne ressortaient pas comme sur les modèles, le fameux « satisfait ou remboursé ». Mais avec beaucoup de réparti elle ajoute : « Je ne leur en veux pas car je suis en perpétuelle formation et les remercie même pour leurs retours ».

Cela fait 10 ans aujourd’hui qu’elle est dans le métier et depuis ses vingt ans donc, elle part tous les jours de chez elle à 8h pour chercher des clients le long des bungalow et plages de Maroala, jusqu’à la tombée de la nuit. En basse saison, son groupe peut amasser deux à trois clients au total par jour voire même aucun et en haute saison, jusqu’à cinq clients journalier par personne ce qui fait un total de 30 clients par groupe. La concurrence est rude par ici et seuls ceux ou celles qui savent se démarquer auprès des clients peuvent espérer se faire rappeler pour de prochaines séances. Heureusement, depuis sa formation de massage au sein de l’Homéopharma, Eva a pu légaliser son activité de manière officielle grâce à un badge fourni par la commune. Ce badge confirme ses compétences de masseuse, lui prodigue la protection de la commune et lui permet d’accéder aux bungalows et autres établissements privés. Un laissé-passé en or pour la masseuse.

Les personnes comme Eva vivent uniquement de ces services-là et son quotidien n’est pas toujours tout noir ou tout blanc. Ce qu’aime Eva dans ce métier ? Travailler avec ses proches et discuter avec les clients sympas dit-elle. Sa technique infaillible pour se faire repérer ? Sa tchatche… « Vous êtes bien belle madame, vous méritez un petit massage », « Laissez-moi vous masser, c’est encore plus délicieux qu’une langouste au coco ». Et c’est ainsi que les clients tombent sous le charme de sa personnalité. 

Texte et photos : Lorraine Razafimbelo

Laisser un commentaire
no comment
no comment - La 5e édition de la résidence Regards  Croisés à Diego Suarez

Lire

15 juillet 2024

La 5e édition de la résidence Regards Croisés à Diego Suarez

La 5e édition de la résidence Regards Croisés à Diego Suarez s’est déroulée du 24 juin au 06 juillet organisée par l’Alliance Française d’Antsiranana...

Edito
no comment - L’appel de la forêt

Lire le magazine

L’appel de la forêt

En octobre 2023, les Mikea ont participé au premier congrès sur la conservation des peuples autochtones des communautés locales d’Afrique à Namibie. C’est la première fois qu’un Mikea, en la personne de Tsivohara sort de Madagascar pour représenter sa communauté à une réunion internationale. Les Mikéa sont les derniers chasseurs-cueilleurs de Madagascar habitants dans le sud-ouest de l’Île. Depuis de nombreuses années, ce peuple est entouré de légendes non fondées et suscite la curiosité des chercheurs et des historiens. Et pourtant, c’est un peuple qui a hérité d’une culture et d’un mode de vie séculaire vouant à disparaître, si aucune initiative n’est lancée pour sauver leur forêt qui continue de brûler chaque année. Une forêt primaire pourtant nommée au rang de patrimoine mondial de l’UNESCO. Comme le précise le photographe Thierry Cron (p.44), l’objectif principal de son travail photographique est de faire découvrir ce peuple au plus grand nombre, de sensibiliser le public à la précarité de leur situation, de susciter une prise de conscience collective et d’encourager des actions concrètes en faveur de la préservation de leur environnement et de leur mode de vie. 

no comment - mag no media 02 - Mai - Juin 2024

Lire le magazine no media

No comment Tv

GRAND ANGLE - Mikea - Thierry Cron - Reportage photos – NC 174

En octobre 2023, les Mikea ont participé au premier congrès sur la conservation des peuples autochtones des communautés locales d’Afrique à Namibie. C’est la première fois qu’un Mikea, en la personne de Tsivohara sort de Madagascar pour représenter sa communauté à une réunion internationale. Les Mikéa sont les derniers chasseurs-cueilleurs de Madagascar habitants dans le sud-ouest de l’Île, victimes de la déforestation.

Focus

Fête de la musique et les 60 ans de l'IFM

Fête de la musique et les 60 ans de l'IFM Hors les Murs à la Zone Zital Ankorondrano, le samedi 22 juin.

no comment - Fête de la musique et les 60 ans de l'IFM

Voir