Olivia Bourgois : Artiste psychédélique
3 mai 2022 // Arts Plastiques // 8318 vues // Nc : 148

Elle a remporté la deuxième place de la 6ème édition du prix d’art contemporain Paritana. Olivia Bourgois est une jeune artiste qui aime inventer son propre univers, assez psychédélique. Pour sa première exposition solo prévue pour le mois de décembre prochain, elle travaille sur une installation d’un nouvel environnement où le public ne sera pas uniquement un simple visiteur mais surtout un acteur. « Pour moi, l’idéal, c’est de jouer sur les cinq sens. L’année dernière, j’ai perdu l’odorat à cause du covid et je ne le retrouve plus totalement. Je ne sens que deux odeurs : celle du cyprès et une odeur forte que je ne peux décrire. Je voudrais développer cela dans ce projet et voir comment un citoyen lamba perçoit ses cinq sens. » Olivia Bourgois a commencé par le théâtre et le cirque avant de se tourner vers le dessin et le tuftage, une technique qui consiste à réaliser des tapis en utilisant des fils à l’aide d’un pistolet à brins ou d’un poinçon.  

« Je ne dirais pas que je sais dessiner parce que cela relève de la technique et d’être très précis. Mais je dessine à mon façon en exploitant mon imaginaire. Je m’inspire beaucoup des dessins animés. Je réalise des paysages, surtout des fleurs que j’invente avec pleines de couleurs. » C’est en plein confinement qu’elle commence à projeter des néons sur ses dessins, à jouer avec la lumière pour apporter de la vie et du mouvement. « Pour le dessin, j’ai commencé par les murs de ma chambre. Mais il fallait trouver d’autres supports, donc j’ai utilisé du carton, des boîtes de conserves… Des choses qui sont facilement à porter de main. Dans la famille, nous aimons tout ce qui touche au recyclage et tout récemment, j’ai appris que mon grand-père peignait, à ses heures perdues, sur du carton. Cela fait aussi partie de ma démarche, qu’on peut faire de l’art, peu importe nos moyens. »


Aina Zo Raberanto

4 éléments
Feutre, peinture sur papier dessin - cadre
55 x 43 cm
Visage sans nom Punch needle
Fil de borderie - 30 cm de diamètre
Les âmes heureuses
Acrylique sur toile
60 x 50 cm
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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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