Naty Kaly : Embellir la rue
3 juillet 2021 // Arts Plastiques // 8254 vues // Nc : 138

Peintre et graffeur, Naty Kaly baigne dans le milieu de l’art urbain depuis une vingtaine d’années. Il a d’abord débuté dans les mouvements hip hop, rap, break dance et le graffiti. De passion le graffiti est devenu son métier. Il a ainsi développé son style et s’est fait un nom dans le domaine. « La peinture permet de s’exprimer comme toutes les autres formes d’art. Elle renvoie à différentes émotions. Je m’inspire tout simplement de la vie quotidienne. » Que ce soit sur une toile ou sur un mur, ses œuvres sont tellement réalistes qu’elles font penser à des photographies. Il met en valeur les expressions de ses personnages, le regard, les traits du visage, les couleurs…

De sa passion pour la peinture est née une philosophie, un mode de vie baptisée Taninjanaka, terre des enfants, en opposition à Tanindrazana, terre des ancêtres. « Il est important de connaître le passé et tout aussi important de savoir ce que nous allons léguer à nos enfants. » Ses œuvres sont toujours porteurs de messages forts qui interpellent ou questionnent. « Devant une peinture, chacun peut avoir sa propre interprétation. Par exemple, en regardant le dessin d’un caméléon, une personne peut retrouver la beauté et la richesse naturelle de notre pays et se dire qu’au final, il est important de ne pas détruire l’environnement. »

Pour donner plus de valeur au street art, il a créé avec d’autres artistes peintres, notamment Riana et Rado, le projet Rangotra (Griffe). C’est un projet artistique, social et engagé qui a pour objectif d’embellir les villes à travers l’art urbain. « Nous avons commencé par les murs qui se trouvent dans la Cité d’Ampefiloha, parce que nous sommes des habitants du quartier, mais aussi dans le quartier d’Ankorondrano. Notre objectif est de contribuer à l’embellissement des villes, de recouvrir les murs sales ou défraîchis par des œuvres d’art, de sensibiliser et d’éduquer la population. »

Projet Rangotra
Tano
90 x 70 cm
Manala
90 x 70 cm


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Pierrot Men : Le regard d'une vie

Lire

6 juillet 2026

Pierrot Men : Le regard d'une vie

À l'heure où les écrans débordent de couleurs saturées et d'images consommées en quelques secondes, Pierrot Men rappelle qu'une photographie peut enco...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - Razafindrakoto Fidel - Juillet 2026 - NC 198

Découvrez Razafindrakoto Fidel, fabricant de charrettes dans le no comment® NC 198 – juillet 2026.
Au PK 42 de la RN1, entre Antananarivo et Itasy, les étincelles jaillissent derrière un petit atelier ouvert sur la route. Razafindrakoto Fidel y façonne des charrettes métalliques et des équipements agricoles destinés aux campagnes malgaches. Héritier d'un savoir-faire familial, il perpétue un métier discret mais essentiel.

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir