Johanna Tam Wai Fong : Comme chez maman
8 mars 2022 // Sortir // 8104 vues // Nc : 146

Pour Johanna Tam Wai Fong, la cuisine chinoise est d’abord un héritage. Autour d’elle, trois générations de cuisiniers dont Les Petits Plats de Maman, son service traiteur à domicile, est comme l’aboutissement.

Rien ne vaut la cuisine de maman, estime Johanna Tam Wai Fong. C’est pourquoi elle a créé Les Petits Plats de Maman, un service traiteur livré à domicile, spécialisés dans la cuisine asiatique. « J’ai choisi ce nom en souvenir des bonnes choses que ma maman nous cuisinait. Elle a un don pour la cuisine, même si papa ne se débrouille pas mal aux fourneaux ! » Un véritable héritage familial, puisque son grand-père avait déjà son propre restaurant dans la région de l’Alaotra. Sa mère l’a repris en y ajoutant sa touche personnelle. « Dans la famille, personne n’a suivi des cours de cuisine ou de pâtisserie, tout est d’instinct. » Et ça marche avec elle puisqu’en lançant sa propre cuisine, Johanna s’est constituée une clientèle séduite par ses plats comme les miso ramen (soupes aux nouilles),les tsock (soupes au riz) aux œufs de cent ans (œufs durs traditionnels vieillis à la cendre pendant au moins deux mois), les larves de guêpes frites, les pao (pains farcis) frits« Je ne suis jamais les recettes à la lettre. Je goûte chaque plat, je modifie quand ça ne me convient pas. »

C’est dans son labo, entourée de son équipe, qu’elle concocte ses plats, uniquement sur livraison. Un système qui lui convient et qui a eu un grand succès avec le confinement. Mais ce qui distingue la cuisine de Johanna, c’est d’être toujours aux petits soins pour ses clients, notamment les mamans. « Chaque plat que je crée, je les personnalise pour le besoin des mamans. Il faut qu’elles ressentent que ces plats sont préparés comme si c’était elles qui les avaient cuisinés et que leurs enfants les aiment à leur tour. » L’esprit d’entreprise, Johanna a ça dans le sang. Toute petite, elle vendait des gâteaux devant la boutique de ses parents pour se faire de l’argent de poche. Elle parcourait aussi les restaurants de Toamasina, sa ville natale, pour leur proposer du riz produit chez elle, dans l’Alaotra. Plus tard, elle suit des études en tourisme-hôtellerie et billetterie (ticketing) et obtient sa licence professionnelle en gestion entrepreneuriale à l’Institut national du tourisme et de l’hôtellerie (INTH) à Tana.

« Après des petits boulots par ci par là, je n’ai jamais pu tenir un an dans une entreprise. Je n’ai jamais aimé qu’on me dise quoi faire, je ne suis pas faite pour ça. Mais je ne savais pas encore quelle direction prendre. Je me suis mariée et je suis restée femme au foyer pendant près de huit ans, même si je faisais des petits business dans le cosmétique ou le prêt-à-porter. » L’idée de créer Les Petits plats de Maman est venue grâce à un crumble aux légumes. Après avoir publié sa photo sur les réseaux sociaux, les commandes affluent. Elle réalise alors des plats qu’elle livre elle-même ou avec l’aide son mari. « Quand ma mère était de passage à Mada, elle me donnait un coup de main. » Et aujourd’hui, tout cela se retrouve à l’enseigne Les Petits Plats de Maman. Une histoire de famille, de partage et de passion.


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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