Johanna Tam Wai Fong : Comme chez maman
8 mars 2022 // Sortir // 5661 vues // Nc : 146

Pour Johanna Tam Wai Fong, la cuisine chinoise est d’abord un héritage. Autour d’elle, trois générations de cuisiniers dont Les Petits Plats de Maman, son service traiteur à domicile, est comme l’aboutissement.

Rien ne vaut la cuisine de maman, estime Johanna Tam Wai Fong. C’est pourquoi elle a créé Les Petits Plats de Maman, un service traiteur livré à domicile, spécialisés dans la cuisine asiatique. « J’ai choisi ce nom en souvenir des bonnes choses que ma maman nous cuisinait. Elle a un don pour la cuisine, même si papa ne se débrouille pas mal aux fourneaux ! » Un véritable héritage familial, puisque son grand-père avait déjà son propre restaurant dans la région de l’Alaotra. Sa mère l’a repris en y ajoutant sa touche personnelle. « Dans la famille, personne n’a suivi des cours de cuisine ou de pâtisserie, tout est d’instinct. » Et ça marche avec elle puisqu’en lançant sa propre cuisine, Johanna s’est constituée une clientèle séduite par ses plats comme les miso ramen (soupes aux nouilles),les tsock (soupes au riz) aux œufs de cent ans (œufs durs traditionnels vieillis à la cendre pendant au moins deux mois), les larves de guêpes frites, les pao (pains farcis) frits« Je ne suis jamais les recettes à la lettre. Je goûte chaque plat, je modifie quand ça ne me convient pas. »

C’est dans son labo, entourée de son équipe, qu’elle concocte ses plats, uniquement sur livraison. Un système qui lui convient et qui a eu un grand succès avec le confinement. Mais ce qui distingue la cuisine de Johanna, c’est d’être toujours aux petits soins pour ses clients, notamment les mamans. « Chaque plat que je crée, je les personnalise pour le besoin des mamans. Il faut qu’elles ressentent que ces plats sont préparés comme si c’était elles qui les avaient cuisinés et que leurs enfants les aiment à leur tour. » L’esprit d’entreprise, Johanna a ça dans le sang. Toute petite, elle vendait des gâteaux devant la boutique de ses parents pour se faire de l’argent de poche. Elle parcourait aussi les restaurants de Toamasina, sa ville natale, pour leur proposer du riz produit chez elle, dans l’Alaotra. Plus tard, elle suit des études en tourisme-hôtellerie et billetterie (ticketing) et obtient sa licence professionnelle en gestion entrepreneuriale à l’Institut national du tourisme et de l’hôtellerie (INTH) à Tana.

« Après des petits boulots par ci par là, je n’ai jamais pu tenir un an dans une entreprise. Je n’ai jamais aimé qu’on me dise quoi faire, je ne suis pas faite pour ça. Mais je ne savais pas encore quelle direction prendre. Je me suis mariée et je suis restée femme au foyer pendant près de huit ans, même si je faisais des petits business dans le cosmétique ou le prêt-à-porter. » L’idée de créer Les Petits plats de Maman est venue grâce à un crumble aux légumes. Après avoir publié sa photo sur les réseaux sociaux, les commandes affluent. Elle réalise alors des plats qu’elle livre elle-même ou avec l’aide son mari. « Quand ma mère était de passage à Mada, elle me donnait un coup de main. » Et aujourd’hui, tout cela se retrouve à l’enseigne Les Petits Plats de Maman. Une histoire de famille, de partage et de passion.


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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