Miora Rabemanantsoa : Sous le métal, un cœur qui bat !
2 août 2022 // Musique // 17478 vues // Nc : 151

Figure bien connue du métal avec le groupe Resurrection, c’est dans un registre moins sombre qu’elle se dévoile aujourd’hui avec Miora R. Aux grandes envolées symphoniques, elle oppose des compositions acoustiques toute simples où l’émotion n’est jamais loin.

Miora est connue en tant que lead vocal du groupe de symphonic et progressive metal Resurrection, mais c’est dans un tout autre registre qu’elle a décidé de consacrer une partie de sa carrière musicale. « Resurrection est toujours actif mais j’ai créé Miora R. pour mes compositions qui ne correspondent pas forcément au métal symphonique, que ce soit dans les mélodies ou les paroles. » Fini les grosses envolées orchestrales, les nappages de synthés, c’est au contraire dans un univers acoustique, entourée de ses musiciens de prédilection (Fetrakely à la guitare, Nix à la basse, Iavy au violon et violoncelle, et Narindra à la batterie et cajón), qu’elle nous invite à entrer.

« Avec Resurrection, on aborde des thèmes souvent sombres ou un peu métaphysiques, ici je suis plus dans l’émotion. Le monde va mal, mais je voudrais donner de l’espoir, pas ajouter au malaise. Dans Hifaliako (Je me réjouirai), je parle d’une personne dépressive qui fait de son mieux pour survivre face aux successions de choses négatives qui lui arrivent dans la vie. Mais au fil de la chanson, elle se rend compte que c’est elle-même la solution, qu’elle est actrice de son bonheur. » Miora propose ainsi une quinzaine de titres, tous en malgache, aux arrangements simples et légers. Dans Mandradra-nofy (Tresser ses rêves), elle parle des désirs, des fantasmes qui ne pourront pas forcément se matérialiser sur le moment mais qui trouveront un autre chemin pour se réaliser.

Dans sa famille, la musique a toujours eu une place importante, entre une grand-mère paternelle qui faisait du chant lyrique et une grand-mère maternelle qui l’a bercé au son du heavy metal. « À Noël, elle rassemblait ses petits-enfants pour écouter du Black Sabbath ou du Led Zep… C’est sans doute pour cette raison que j’ai fait du métal symphonique, j’y retrouve à la fois du lyrique et du hard. » Pour le moment, elle préfère diffuser ses chansons sur les réseaux sociaux mais prévoit de faire participer ses fans pour les prochains titres. « Je voudrais qu’ils me racontent leurs histoires, leurs expériences et je les transformerai en chansons. Qu’ils participent à cette aventure avec moi. » Naissance d’un genre nouveau, le soft métal interactif ?


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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