West Bullet : Thrash à balles réelles
4 octobre 2025 // Musique // 4471 vues // Nc : 189

Créé il y a moins de trois ans, le groupe tananarivien de thrash metal West Bullet s’impose déjà en tête d’affiche des concerts dans la capitale et en régions. Quatre jeunes types dans la vingtaine, tendus comme des arcs et qui jouent comme s’ils avaient grandi dans la Bay Area des années 80. Ici, pas de romance sucrée, pas de balade FM. West Bullet ne fait pas dans la dentelle. Amateurs de musique à l’eau de rose, passez votre chemin !

Le thrash metal – pour ceux qui débarquent – c’est ce croisement sauvage entre la brutalité du punk hardcore et la puissance du heavy metal. Un style né dans les années 80 avec Metallica, Slayer, Exodus, Kreator ou Destruction, défini par des tempos supersoniques, une agressivité à la tronçonneuse et une conscience sociale aussi aiguisée que ses riffs. Depuis les années 2010, une nouvelle vague a ressuscité ce son cataclysmique, avec Crisix, Lost Society ou Havok. Dans ce sillage, West Bullet – formé par Stevie au chant et à la guitare, Gabriel, Andy et Natina respectivement à la guitare, à la basse et la batterie – incarne la relève malgache. « On a grandi avec les riffs d’Andreas Kisser de Sepultura et de Jeff Hanneman de Slayer », raconte Stevie, sourire carnassier. « Les coups de baguettes de Lombardo et Bostaph nous ont nourris, et vingt ans plus tard, c’est devenu notre langage naturel », rajoute Natina. Rien d’étonnant, donc, si leur crossover ultra-véloce rappelle les âges d’or du genre.

Leur musique ne se contente pas de faire trembler les murs : elle mord. Comme à l’origine du thrash, leurs textes portent des revendications. Rage contre l’injustice, dénonciation du système, critique d’une société malgache qu’ils jugent anesthésiée. « Nous parlons de ce qui ne va pas au niveau social. Inévitablement, ça touche à la politique. Mais résister ne signifie pas descendre dans la rue pour tout casser », affirme Stevie. West Bullet, ce sont des titres qui cognent, qui transpirent la sincérité et refusent l’hypocrisie. Andy, à la basse, et Gabriel, à la guitare, épaulent la section rythmique comme des chiens enragés lâchés sur scène. « Nous laissons les chansons d’amour aux autres », tranche Natina, le regard noir.

Et le public suit. Dans les pits de Tana ou de Fianarantsoa, les kids pogotent comme si leur vie en dépendait. West Bullet, avec sa hargne et sa vélocité, a déjà l’aura d’un groupe culte. Trois ans d’existence à peine, mais un héritage assumé et une rage intacte. Si Madagascar devait avoir ses propres Slayer, le nom est déjà trouvé.

Solofo Ranaivo

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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