Joela R : « Une invitation à explorer des univers parallèles »
15 septembre 2024 // Photographie // 4429 vues // Nc : 176

Ses photos vous emmènent dans son imaginaire : dans la mode comme en art, sa photographie vous détache du quotidien, et parfois, de la réalité. Ce sont les images signées Joela Randrianantoandroson, ou Joela R sur Facebook et Instagram. Né et grandi à Madagascar, le photographe a commencé son travail il y a un an, à New York, avec l’envie et l’idée de partager sa vision du monde.

Des inspirations au-delà de la photographie ?
Mes inspirations ne sont pas très orthodoxes : ils viennent principalement du monde du cinéma tel que Denis Villeneuve du fameux Dune ou Sam Levinson de la série Euphoria, car le but principal de mes photos est de raconter des histoires. Les jeux vidéo, aussi : depuis mon enfance, quand mes parents nous achetaient des CD de jeux vidéo, j’étais souvent fasciné par les différentes approches artistiques sur les images de couverture des jaquettes. Et si je dois vous citer un modèle de photographe que j’admire, je dirais Annie Leibovitz qui a su amener et faire reconnaître sa vision au grand public : son portfolio comprend à la fois des photos en collaboration avec la Saga Star Wars, plusieurs couvertures du fameux Magazine Vogue avec plusieurs célébrités, et des campagnes avec de grandes marques. Mais pour moi, l’imagination a une dimension infinie, et ma démarche photographique aspire à en explorer les multiples facettes.

En jouant avec les perspectives, les lumières, les couleurs et les textures, je cherche à susciter des émotions et des réflexions qui transcendent les limites du monde tangible. Chaque image devient une invitation à explorer des univers parallèles, à se laisser porter par la beauté et le mystère qui se cachent derrière chaque scène.

De l’art à la mode…
J’aime beaucoup ce monde de fiction, mais j’ai l’autre facette de ma photographie que je mets plus en avant dans le domaine professionnel : c’est la mode « Fashion Editorial », inspirée des campagnes de pub des grandes marques comme Zara, Prada, Hermès, Fendi, etc. Le processus de création est très similaire à l’artistique : tout part de l’indispensable Moodboard, donc rechercher sur Internet, ou dans les magazines, des photos qui sont dans le « mood » du projet (couleurs, vêtements, maquillages, mise en scène, accessoires, environnement, etc.) et les compiler. Je suis en collaboration avec une Makeup Artist pour le maquillage et les costumes, puis il y a quelques séances de brainstorming à propos de la mise en scène avant de commencer la séance. Les idées sont toujours là, il y a juste le temps qui manque (rires). Les défis majeurs sont liés à l’aspect financier, c’est essayer de limiter le plus possible le côté budget tout en se surpassant sur l’aspect créatif : améliorer sa technique et ne pas juste faire un copier-coller du moodboard, car les clients vous ont choisi pour votre vision. Dans ce côté professionnel, ce qui m’a marqué, c’est d’avoir eu la chance de photographier ma première Fashion Week à Manhattan, New York en septembre 2023. Le fait que les organisateurs m’ont fait confiance pour être l’un des photographes à couvrir un défilé de 3 jours, avec une vingtaine de Designer, alors que je n’avais que quelques mois d’expériences, a été surréaliste et très instructif.

Road to Valhalla
Killer Clown in Central Park
A tour in Gotham City

La photographie, une histoire de famille…
Je suis autodidacte, des heures de tutos sur YouTube, des recherches sur Internet et de la pratique. Mon frère, étant lui-même photographe, a aussi joué sur mon influence : le voir dans ce domaine en étant spectateur de loin était très inspirant. Bien que j’aie voulu tracer ma propre route et apprendre de moi-même, il m’a donné de précieux conseils, à la manière d’un grand frère. C’est grâce à lui que je suis à ce stade. J’ai acheté mon premier appareil photo au mois de mai 2023, du coup, cela fait un an et quelques mois maintenant que je me suis lancé dans cette aventure. J’ai toujours eu cette envie de vouloir raconter des histoires ou transmettre ma vision du monde et la photographie m’est apparu comme une évidence pour véhiculer toutes ces idées.

An encyclopedia of faeries
Ghoul (Fallout)

Aller au-delà de la réalité ?
Dans un monde saturé de réalité et de contraintes quotidiennes, la photographie a le pouvoir de nous transporter au-delà des limites de notre quotidien. En tant que photographe, mon objectif est de capturer et de véhiculer l'idée d'imagination et d'évasion, en offrant à ceux qui regardent mes images un espace pour rêver et explorer de nouveaux horizons. Le monde artistique est en pleine effervescence en ce moment, surtout grâce aux réseaux sociaux qui donnent de nombreuses possibilités. Je vois plein d’artistes Malagasy, dans tous les domaines qui font des choses incroyables en ce moment au niveau local et à l’étranger, qu’il faut se soutenir à fond. Et ceux qui veulent commencer à créer, à qui je dirais : commencez et persévérez, des aventures pleines de bonnes surprises vous attendent.

Des projets ?
Oui, j’ai commencé à apprendre la vidéographie il y a quelques mois maintenant : le concept sera plus centré sur des vidéos incorporant de la VFX, c’est-à-dire des effets spéciaux, qui sont ajoutés en phase de post-production pour le cinéma, et des vidéos de campagne commercial Fashion. Rendez-vous sur les réseaux sociaux où je partage la plupart de mes projets pour ne pas rater le résultat ! En ce moment aussi, des collaborations commerciales pour des marques ici aux USA et quelques films courts dont j’assure la photographie. Sinon le projet à long terme sera une parution dans Vogue Magazine, le temps nous le dira (rires). Dans les projets en cours, il y a le développement de mon entreprise, une boîte de production que j’ai créée ici, aux USA, depuis bientôt un an : Outcast Portal Ltd. L’entreprise sera axée dans la création audiovisuelle, elle n’a pas encore une identité fixe sur le genre de création, mais on travaille sur ça depuis quelque temps.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Photos : Joela R.
Facebook : Joela R

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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