Sedera Ramanitra « Je montre surtout l’humanité »
11 juillet 2024 // Photographie // 2850 vues // Nc : 174

Avec « Morning Serenity », le documentariste visuel Sedera Ramanitra a remporté le prix de la meilleure photo du concours One World Photo Contest 2024. Le cliché montre la routine matinale d’une mère de famille dans une campagne de la région Vakinankaratra. Il concentre tout ce qu’il apprécie en tant que photographe : une photo prise au bon moment, un aperçu des vies non encore influencées par la modernité.

Une identité acquise dans l’ONG humanitaire pour laquelle il travaille, et qu’il compte bien poursuivre en sortant une série de livres sur les modes de vies dans diverses régions de Madagascar. « J’évite de montrer des photos qui font pleurer. Je veux émouvoir. Si je montre le kere par exemple, je me concentre plutôt sur la résilience de la population. Une photo est belle quand elle ne laisse pas indifférent. »

Fidèle à cette formule partout où il va à Madagascar, Sedera Ramanitra va sortir un livre de photos sur les vies rurales dans une localité du Vakinankaratra, le premier d’une série. « Ce sont des photos qui racontent comment ils vivent, leurs loisirs, leurs sources de revenu. Ce sont des vies qu’on ne voit pas forcément, encore traditionnelles. Pour Androy par exemple, les photos que je fais montrent comment on fabrique le toaka gasy, comment on plante le cactus rouge, les déplacements à cause de la sécheresse. »

One World Photo Contest
Chaque matin, dès l'aube, elle commence sa journée dans la cuisine, préparant le repas pour toute la famille. Son travail silencieux est le cœur battant de leur foyer, nourrissant leur corps et leur esprit.
Le rituel du café est un moment précieux qu'elle orchestre avec soin. La vapeur qui s'élève, l'arôme riche qui envahit la maison, tout cela grâce à ses mains expertes qui perpétuent leurs traditions.
Dans la région de Vakinankaratra, réputée pour sa production de légumes, les repas sont souvent composés de produits locaux, cultivés et préparés avec soin. Un jeune enfant savoure un repas simple mais nourrissant, une patate, qui est le légume emblématique de la région.
À l'heure des repas, elle prend soin de chaque détail, de la cuisson du riz à la disposition des bols. Sa dévotion et son amour transforment chaque repas en une célébration de la vie familiale et de l'hospitalité.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina
Photos : Sedera Ramanitra
Facebook : Sedera Ramanitra

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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