Sedera Ramanitra « Je montre surtout l’humanité »
11 juillet 2024 // Photographie // 3619 vues // Nc : 174

Avec « Morning Serenity », le documentariste visuel Sedera Ramanitra a remporté le prix de la meilleure photo du concours One World Photo Contest 2024. Le cliché montre la routine matinale d’une mère de famille dans une campagne de la région Vakinankaratra. Il concentre tout ce qu’il apprécie en tant que photographe : une photo prise au bon moment, un aperçu des vies non encore influencées par la modernité.

Une identité acquise dans l’ONG humanitaire pour laquelle il travaille, et qu’il compte bien poursuivre en sortant une série de livres sur les modes de vies dans diverses régions de Madagascar. « J’évite de montrer des photos qui font pleurer. Je veux émouvoir. Si je montre le kere par exemple, je me concentre plutôt sur la résilience de la population. Une photo est belle quand elle ne laisse pas indifférent. »

Fidèle à cette formule partout où il va à Madagascar, Sedera Ramanitra va sortir un livre de photos sur les vies rurales dans une localité du Vakinankaratra, le premier d’une série. « Ce sont des photos qui racontent comment ils vivent, leurs loisirs, leurs sources de revenu. Ce sont des vies qu’on ne voit pas forcément, encore traditionnelles. Pour Androy par exemple, les photos que je fais montrent comment on fabrique le toaka gasy, comment on plante le cactus rouge, les déplacements à cause de la sécheresse. »

One World Photo Contest
Chaque matin, dès l'aube, elle commence sa journée dans la cuisine, préparant le repas pour toute la famille. Son travail silencieux est le cœur battant de leur foyer, nourrissant leur corps et leur esprit.
Le rituel du café est un moment précieux qu'elle orchestre avec soin. La vapeur qui s'élève, l'arôme riche qui envahit la maison, tout cela grâce à ses mains expertes qui perpétuent leurs traditions.
Dans la région de Vakinankaratra, réputée pour sa production de légumes, les repas sont souvent composés de produits locaux, cultivés et préparés avec soin. Un jeune enfant savoure un repas simple mais nourrissant, une patate, qui est le légume emblématique de la région.
À l'heure des repas, elle prend soin de chaque détail, de la cuisson du riz à la disposition des bols. Sa dévotion et son amour transforment chaque repas en une célébration de la vie familiale et de l'hospitalité.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina
Photos : Sedera Ramanitra
Facebook : Sedera Ramanitra

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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