À Antananarivo, les pelures de banane et les restes de riz ne finissent plus dans la poubelle : ils deviennent énergie. GaZnika, jeune startup malgache, invente un quotidien où chaque foyer ou restaurant peut cuisiner grâce à ses propres déchets organiques.

Tout a commencé avec une idée simple mais percutante. « À Madagascar, la quantité de déchets organiques est énorme. Pourquoi ne pas les transformer en gaz pour cuisiner ? » se souvient Natacha. Étudiante en génie industriel, elle a découvert le biogaz via des documentaires montrant comment certains pays produisent de l'énergie à partir de leurs déchets. L'idée prend corps lors de l'Orange Summer Challenge 2025 — quatre mois intenses, huit étudiants venus de disciplines différentes, une équipe soudée par le stress et les livrables hebdomadaires. GaZnika décroche la deuxième place au classement Afrique et Moyen-Orient. Et trouve son identité : innovante, écologique, accessible.
Le cœur du projet, c'est un bio-digesteur compact et mobile, conçu pour les foyers d'au moins cinq personnes et les restaurants. L'installation idéale : à l'extérieur, dans un jardin ou une cour — loin des contraintes des modèles traditionnels en béton enterré. Chaque jour, 1 kg de déchets organiques est introduit dans l'appareil. Après deux à trois semaines de fermentation, le biogaz devient continu. Connecté à une application mobile, le système fournit des tutoriels et conseille sur les combinaisons de déchets pour maximiser le rendement.
L'équipe est actuellement en phase de prototypage, testant chaque détail, corrigeant les défauts, affinant l'expérience utilisateur. Un nouveau prototype sera bientôt testé dans dix foyers pilotes. Le coût actuel est de 3 000 000 ariary, avec un prix de vente envisagé autour de 3 250 000 ariary — « encore flexible, il pourra évoluer selon les retours », précise Natacha. GaZnika réfléchit aussi à une version en bouteille, plus pratique que le système actuel en ballon. À moyen terme, l'équipe prévoit une mini-usine pour collecter les déchets des industries et communes, et produire du biogaz conditionné pour ceux qui n'en génèrent pas assez à domicile. Une étape qui pourrait voir le jour dans quatre à cinq ans. Les bénéfices sont multiples : réduction des déchets urbains, lutte contre la déforestation, création d'emplois. Avec près de 98 % des Malgaches dépendant encore du charbon, GaZnika propose une alternative locale et concrète. « Chaque pelletée de déchets, chaque ajustement, chaque sourire d'un utilisateur convaincu est une victoire pour nous », confie Natacha.
Lucas Rahajaniaina
Contact téléphone et Whatshapp : 0347849910
Mail : Contact.gaznikamdg@gmail.com