En ville avec Kandel Razafindraibe
13 mars 2025 // Downtown // 8258 vues // Nc : 182

Graphiste et motion designer, Kandel Razafindraibe partage sur ses réseaux une vision inédite du Sud de Madagascar. Entre nostalgie, bonnes adresses et spots incontournables, il nous emmène à Tuléar, sa ville de cœur.

photo : Kandel Razafindraibe

L’endroit ou le quartier préféré de votre ville ?
Sanfily à Tuléar, sans hésiter. C’est là que j’ai grandi avec ma grand-mère. Et quand je prends le taxi-brousse, c’est simple de rentrer, c’est juste en face. C’est mon quartier, avec mes souvenirs, mes cousins, tout ce qui fait que je m’y sens chez moi.

Votre plat préféré ?
Kabaro en purée avec du hen’omby ritra. Rien de mieux. À Tana, ils ne le font pas en purée, ça m’a surpris au début. Mais j’ai trouvé quelques restos qui s’en rapprochent, comme le Maharaja à Akoor Digue. Une bouchée et je suis de retour à Tuléar.

Où faire du shopping ?
Ma grand-mère s’occupe souvent du shopping pour moi quand elle voyage, parfois elle vise juste, parfois non.

À Tuléar, on va du côté d’Andolombazaha et Sakama, dans le quartier d’Ankilifaly. Friperies et marché, c’est là que ça se passe.

Où commencer et terminer la soirée ?
Je ne sors pas beaucoup, mais en décembre dernier, j’ai d’abord passé la soirée en famille avant d’aller en boîte. On est sorti chez Tam Tam, qui a changé de nom et de propriétaire depuis, mais ça reste un endroit où tout le monde va.

Un endroit pour s’évader le weekend ?
Les dunes d’Andaboy, à quinze minutes de la ville. C’est l’endroit parfait pour admirer un coucher de soleil. Sinon, un peu plus loin, il y a la grotte de Sarodrano, un spot incroyable à une demi-heure de route.

Les bons plans pour les vacances ?
Salary Bay, au nord de Tuléar. C’est un autre monde. Moins de monde, pas de pollution. Il y a un hôtel qui fait un peu penser à Santorini en Grèce. Ankasy, aussi, c’est un incontournable.

L’événement culturel qui vous a marqué ?
Le Vez’tival, même si je n’y ai pas encore assisté. Il y a des concerts, des courses de cyclopousse, des courses de pirogues. À Tuléar, il y a aussi un spot en bord de mer où se passent des concerts traditionnels incroyables, pas forcément connus du grand public, mais avec des artistes qui envoient. Il y a même des performances de théâtre.

Votre actualité ?
Je continue à développer du contenu sur les villes du Sud. Il y en a encore beaucoup que je n’ai pas eu la chance de découvrir, comme Morondava.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Instagram : Kandel Razafindraibe

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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