Zo Nasandratra : « J’exprime tout ce qui est positif »
9 mars 2025 // Arts Plastiques // 9629 vues // Nc : 182

Zo Nasandratra nous offre « La Splendeur du Vrai » en couverture du magazine No Comment ce mois de mars, un tableau qu’il a longtemps hésité à vendre ou à garder pour lui. Pour cause, il y a mis non seulement son savoir-faire, mais aussi une part très personnelle : il l’a peint avec son souffle. Cette exploration technique singulière est l’aboutissement de 25 ans de recherche et de création artistique, couronnés par une exposition à l’Hôtel du Louvre Antaninarenina en novembre dernier, une annonce de sa future période artistique ?

Issu d’une famille d’artistes, Zo Nasandratra a grandi dans un environnement créatif qui a façonné son approche de l’art. Bien qu’il ait suivi des études de philosophie, c’est dans la peinture qu’il trouve sa véritable voie. Dès 2001, il expose aux côtés d’autres artistes et participe à l’exposition annuelle Hosotra jusqu’en 2008. En 2009, il réalise sa première exposition personnelle et ouvre sa propre galerie, qui demeure son espace de création et d’expérimentation. Un moment clé de son parcours reste son portrait de la chanteuse Nampoina, une œuvre qui marque pour lui un tournant vers l’excellence technique.

Pour autant, l’artiste refuse d’être enfermé dans une catégorie. Son travail traverse divers styles, du portrait au paysage, du figuratif à l’abstrait. Influencé par ses études philosophiques, il place au cœur de sa démarche le Beau et le Vrai, explorant de plus en plus l’abstraction, cherchant à insuffler dans ses œuvres une énergie positive. « Une œuvre d’art exprime la beauté, le Beau. Je veux que celui qui est en face de mes œuvres ressente de la positivité », confie-t-il. Sa peinture est ainsi une invitation à une contemplation joyeuse, où l’émotion naît de l’harmonie des formes et des couleurs. « Si vous regardez le tableau, vous verrez une explosion de couleurs et de détails. Bien qu'abstrait, il ne relève pas du monde sensible, mais d’un univers possible, peut-être même plus vrai que notre réalité, où les formes éclatent dans toute leur splendeur. »

Signe de richesse et de noblesse
par Zo Nasandratra

« La splendeur du Vrai » illustre cette quête avec une force singulière. Réalisée avec un mélange d’acrylique et de produits de coulis de peinture, cette œuvre se distingue par une technique peu conventionnelle. L’artiste ne se contente pas d’appliquer la matière, il l’investit totalement : « J’ai utilisé ma main et mon souffle, comme Dieu a mis son souffle pour donner vie à l’Humain ». Cette approche traduit une volonté d’aller au-delà du visible, de toucher à une forme d’absolu. L’abstraction devient ici un moyen de transcender la réalité sensible pour atteindre une vérité supérieure, « le monde des idées de Platon » où le spectateur est invité à ressentir le bonheur.

Cette œuvre, à l’instar de toute sa production, témoigne d’une réflexion profonde sur la place de l’art dans notre perception du réel et notre rapport à la beauté.

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Zonasandratr’art

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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