Volana se tape le questionnaire Pivot
1 septembre 2020 // Arts Plastiques // 6887 vues // Nc : 127 - 128

L’illustratrice Volana, sous le nom d’artiste V., répond du tac au tac au fameux questionnaire de Bernard Pivot. Dix questions pour aller au fond des choses, pas plus !

Votre mot préféré ?
La liberté. Libre de choisir, d’agir, de s’exprimer, d’être soi-même.

Le mot que vous détestez ?
Certes et hélas. De mots qui me font rouler des yeux !  

Votre drogue favorite ?
Les collages. J’adore ça, une vraie thérapie.

Le son, le bruit que vous aimez ?
Le rire de mes enfants.

Le son, le bruit que vous détestez ?
Les politiciens. Je n’aime pas les fausses promesses !

Votre juron, gros mot ou blasphème favori ?
Fuck ! Ce mot peut tout exprimer peu importe les circonstances.

Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Une femme, j’ai hésité à répondre !

Le métier que vous n'auriez pas aimé faire ?
Comptable, fuck les comptes en « T » et les bilans financiers !

La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarnée ?
Un baobab : malgache, unique, à l’envers et résistant.

Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ?
« Va en paix. »

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

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