« Tuk-Tuk » reçoit le « Prix de la critique »
5 janvier 2022 // Cinéma // 5373 vues // Nc : 144

L’Association des critiques cinématographiques à Madagascara encore eu le privilège d’attribuer le « Prix de la Critique » dans le cadre des « Rencontres du film court » (RFC). Pour cette 16ème édition, le jury a distingué « Tuk-Tuk », le court-métrage du réalisateur égyptien Mohamed Kheidir.

Tiré d’une histoire vraie, le film de 25 minutes est un cocktail d’émotions fortes reflétant le vécu de Walaa, le personnage principal. Abandonnée par son mari, elle vit dans le désarroi et l’inquiétude car   elle doit subvenir seule au besoin de sa famille. Elle décide alors d’acquérir à crédit un tuk-tuk et de le conduire elle-même. Mais bien que Walaa soit bien accueillie par sa clientèle féminine, elle s’aperçoit qu’il n’est pas facile de se faire sa place dans un milieu de mecs.  

Mohamed Kheidir séduit le spectateur par son choix d’aborder ce drame social. Il livre à travers son film une réalité que beaucoup de femmes subissent, notamment en Égypte où 30 000 femmes sont emprisonnées pour des dettes non payées. La situation de Walaa est donc un cas parmi tant d’autres où une femme doit tenter de survivre malgré la violence conjugale, le harcèlement, l’abandon ou le rejet… C’est d’ailleurs ce caractère universel du thème abordé, traduit de façon saisissante dans la réalisation et par le jeu du personnage, que le jury du Prix de la critique a voulu distinguer.

Le réalisateur dévoile ainsi son engagement pour la cause des femmes dans un pays encore fortement marqué par le patriarcat. Tout comme est hautement significatif le fait d’avoir attribué le rôle de Walaa à l’ancienne miss Égypte Elham Wagadi.

Dans une interview accordée au média numérique Kawa News en février dernier, Mohamed Kheidir confie qu’il a puisé son inspiration en travaillant pour une association caritative et ajoute : « Si la femme n’est plus là, la maison s’effondre. Pour moi, soutenir les femmes est une nécessité car cela signifie aussi soutenir la société, la communauté et le pays tout entier… »  Tuk-Tuk recèle bien des traits du cinéma africain d’aujourd’hui en véhiculant des faits sociaux communs à tout le continent et où traditions et modernité sont en perpétuel conflit. 


Annick Sedson
Association des critiques cinématographique à Madagascar (ACCM)

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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