« Tuk-Tuk » reçoit le « Prix de la critique »
5 janvier 2022 // Cinéma // 8333 vues // Nc : 144

L’Association des critiques cinématographiques à Madagascara encore eu le privilège d’attribuer le « Prix de la Critique » dans le cadre des « Rencontres du film court » (RFC). Pour cette 16ème édition, le jury a distingué « Tuk-Tuk », le court-métrage du réalisateur égyptien Mohamed Kheidir.

Tiré d’une histoire vraie, le film de 25 minutes est un cocktail d’émotions fortes reflétant le vécu de Walaa, le personnage principal. Abandonnée par son mari, elle vit dans le désarroi et l’inquiétude car   elle doit subvenir seule au besoin de sa famille. Elle décide alors d’acquérir à crédit un tuk-tuk et de le conduire elle-même. Mais bien que Walaa soit bien accueillie par sa clientèle féminine, elle s’aperçoit qu’il n’est pas facile de se faire sa place dans un milieu de mecs.  

Mohamed Kheidir séduit le spectateur par son choix d’aborder ce drame social. Il livre à travers son film une réalité que beaucoup de femmes subissent, notamment en Égypte où 30 000 femmes sont emprisonnées pour des dettes non payées. La situation de Walaa est donc un cas parmi tant d’autres où une femme doit tenter de survivre malgré la violence conjugale, le harcèlement, l’abandon ou le rejet… C’est d’ailleurs ce caractère universel du thème abordé, traduit de façon saisissante dans la réalisation et par le jeu du personnage, que le jury du Prix de la critique a voulu distinguer.

Le réalisateur dévoile ainsi son engagement pour la cause des femmes dans un pays encore fortement marqué par le patriarcat. Tout comme est hautement significatif le fait d’avoir attribué le rôle de Walaa à l’ancienne miss Égypte Elham Wagadi.

Dans une interview accordée au média numérique Kawa News en février dernier, Mohamed Kheidir confie qu’il a puisé son inspiration en travaillant pour une association caritative et ajoute : « Si la femme n’est plus là, la maison s’effondre. Pour moi, soutenir les femmes est une nécessité car cela signifie aussi soutenir la société, la communauté et le pays tout entier… »  Tuk-Tuk recèle bien des traits du cinéma africain d’aujourd’hui en véhiculant des faits sociaux communs à tout le continent et où traditions et modernité sont en perpétuel conflit. 


Annick Sedson
Association des critiques cinématographique à Madagascar (ACCM)

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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