Tsanta Rakotoarimanga : Faire un lien entre l'Afrique et le reste du monde
16 mars 2025 // Que sont-ils devenus ? // 5520 vues // Nc : 182

En novembre 2022, le No Comment Magazine a accueilli Tsanta Rakotoarimanga, fondateur de Dream Study Agency (DSA). Depuis cinq ans, lui et son équipe ont accompagné de la manière la plus humaine des étudiants pour leurs études à l’étranger. Également à l’origine de la plateforme en ligne Mapwess, l’entrepreneur s’est fait une place parmi les personnes à impact du Forbes 30 Under 30 Africa.

Photo : Tsanta Rakotoarimanga

Du nouveau chez DSA et Mapwess ?
Après mes études en finance à Maurice, je suis revenu à Madagascar pendant quatre ans pour créer DSA et Mapwess. C’était en 2019, on a célébré notre cinquième anniversaire en décembre. Puis je suis reparti et je suis actuellement basé à Paris où je reprends mes études de master en entrepreneuriat, notamment à HEC Paris et à Polytechnique. Entre-temps, nous avons fait du chemin. Déjà, Maurice fait toujours partie de nos destinations ; vu mon parcours, c'est un pays de cœur pour moi. On est à ce jour le leader du marché à Maurice. Pour cela, on a vraiment misé en termes de quantité et de qualité, c’est-à-dire sur les différents types d'universités : on travaille avec la majorité des universités privées et publiques de l’île. Par contre, on ne travaille plus avec des universités au Rwanda pour le moment, nous retravaillons cette offre. On travaille avec trois pays : Maurice, France et Allemagne. Il y a d'autres destinations comme l'Espagne, l'Allemagne, la Grèce et le Maroc, mais ces trois premières restent nos destinations phares.

Quelle est la suite de Forbes Under 30 Africa ?
C'est une bonne question. Ça me permet également de faire une petite rétrospection parce qu’il est vrai que je n'ai pas forcément le temps de penser à cela dans mon quotidien. En fait, Forbes 30 Under 30 est une très belle reconnaissance, c'est un peu le résultat du travail et de l'impact qu'on fait auprès des jeunes à Madagascar et en Afrique en général. Qu'est-ce qui change ? C'est, je pense, le réseau et la crédibilité. Sinon, c’est un titre comme un autre, ce n'est pas un but dans la vie, mais une étape. Mais l'idée actuellement et la raison pour laquelle j'ai décidé de reprendre mes études après quatre ans, c'est dans cette ambition et cette logique-là : notre but n'est pas forcément d'ouvrir le maximum de pays, mais d’avoir le maximum d'impact sur les étudiants, pas seulement à Madagascar mais en Afrique en général. Partir était un pari à prendre, où j'ai décidé de laisser l'équipe et leur faire confiance pour la gestion, afin que je puisse me développer. Notre but c'est d'évoluer. L’objectif d'ici quelques années est de créer une multinationale qui peut faire un lien entre l'Afrique et le reste du monde. Sur le court terme, on a des projets très ambitieux pour l’éducation. Je me retiens de donner des détails, mais on va l'annoncer publiquement durant ce premier trimestre.

L’entrepreneuriat… toujours un pari osé ?
Ça reste toujours un pari osé. En fait, ça dépend de comment on voit les choses. On peut voir d'un que ça s'améliore. L'écosystème entrepreneurial à Madagascar a tellement évolué avec les différentes structures d'accompagnement. Je cite notamment ceux qui nous ont accompagnés : Zafy Tody et Orange Fab. Il y a aussi la Banque mondiale qui nous soutient à travers le projet PIC3 et qui donne des financements aux entreprises. Donc ça, c'est très bien et ça aide les jeunes qui se lancent dans l'entrepreneuriat. Au début, en 2019, quand je revenais à Madagascar, il n'y avait pas forcément cela. C'est une très bonne chose pour l'écosystème, mais après, ça dépend de la dimension avec laquelle on regarde les choses. Moi, je le vois plutôt de façon, disons… Internationale. C'est la raison pour laquelle je suis en Europe : c'est un challenge pour moi de découvrir comment les gens font ailleurs, parce que ce n'est pas tout à fait la même chose, ce sont deux cultures différentes. Du point de vue personnel, c'est toujours un challenge, mais un grand plaisir de voyager. C'est une aventure incroyable. Malgré tout cela, j'ai envie de lancer ce message : Madagascar est une terre d'opportunités. J’incite souvent ceux qui partent à faire le pari d’y retourner un jour. Je ne suis pas contre le fait de partir, je ne fais pas partie des personnes qui disent « ne partez pas, restez ici ». Au contraire, j'encourage fortement les jeunes à partir, à explorer, à regarder et à tirer des leçons. Mais de retourner après parce qu'en voyant ce qui se passe ailleurs, on se rend compte qu'il y a beaucoup de choses à faire à Madagascar. Et si nous partons tous, qui va construire ce Madagascar dont on rêve ? Revenir peut prendre différentes formes, pas forcément physiquement, mais l’idée est de partir et de retourner après. J'ai confiance en l'avenir de l'écosystème entrepreneurial à Madagascar.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Contact : contact@dreamstudyagency.com
Crédit photos : Tsanta Rakotoarimanga

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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