Antsa Ramakavelo « La danse m’a sauvée »
2 mars 2022 // Arts de la scène // 8405 vues // Nc : 146

Après avoir délaissé un temps la danse, Antsa Ramakavelo renoue avec sa passion. Elle a même créé sa propre compagnie, Stand’AR, et donne des cours à l’institut de bien-être et fitness Harmonia, à Ivandry. Des leçons de danse qui sont aussi des leçons de vie.

« Malgré mon âge, je me replonge à fond dans ma passion. Avoir ma compagnie de danse est une victoire pour moi. J’ai longtemps été couvée par des gens envers qui je suis très reconnaissante, mais c’était le moment de me lancer seule. » Son plus grand défi a été le show d’inauguration du Stade Barea, en gérant une cinquantaine de danseurs, la mise en scène et les chorégraphies. « Je me suis prouvée à moi-même que je suis capable d’autorité et j’ai maintenant le droit de me considérer comme chorégraphe. » Toutes ces expériences, elle les a acquises en grande partie grâce à la Compagnie Mialy. Après des études en France, elle revient à Madagascar et découvre l’école du chorégraphe Mialy Rajohnson. Ayant commencé par le hip-hop, la jeune femme a dû se diversifier et maîtriser d’autres types de danses : moderne jazz, contemporain, classique même, alors qu’à la base elle n’avait jamais voulu en faire.

Aujourd’hui, elle est spécialisée dans le street jazz, une discipline entre le hip-hop (new style) et le modern jazz, mais qui garde le côté très énergique de la danse urbaine. Si vous n’avez aucune idée de ce que c’est, il suffit de vous référer aux chorégraphies de Beyoncé ! « En France, j’ai suivi quelques cours de street jazz avec le chorégraphe Yanis Marshall. J’ai également étudié les chorégraphies du danseur américain Brian Friedman. Aux États-Unis, cette discipline était très répandue, à Madagascar, elle n’existait pas encore. Le street jazz est très féminin, avec néanmoins beaucoup d’énergie et ce côté urbain. Ainsi, deux facettes de ma personnalité se rejoignent. »

Elle découvre la danse à 15 ans, à une époque où l’ado rebelle qu’elle est se cherche. « La danse m’a fait sortir de beaucoup d’addictions. J’avais d’énormes conflits familiaux, des problèmes d’alcool et de cigarette. Il y avait en moi un sentiment antisystème que je n’arrivais pas extérioriser avec des mots ou des gestes. La danse a été ma thérapie. » Une leçon de vie qu’elle transmet aujourd’hui à ses élèves, à partir de trois thématiques : l’acceptation de son corps, le développement de la créativité et de la mémoire et le lâcher prise. « À cause d’un manque de confiance, la plupart des gens ne se sentent pas bien dans leur peau. La danse peut les aider à se sentir mieux. Il y a une autre forme d’intelligence, qui ne passe pas par la parole, que procure cette discipline. » Mais ce qu’elle place au-dessus tout, c’est l’humilité. « Mialy Rajohnson m’a appris qu’il ne faut jamais cesser d’apprendre. Pour me perfectionner, je prends des cours en ligne, j’assiste autant que possible aux stages d’amis danseurs. On peut vivre de son art à Madagascar, mais il faut saisir les opportunités, créer des projets et surtout se battre. »


Aina Zo Raberanto

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Il y a quelque chose d'assez beau dans l'idée de commencer l'année en mars. Quand le reste du monde a déjà oublié ses résolutions de janvier, nous, nous prenons le temps — celui du calendrier lunaire, celui des ancêtres. Ce n'est pas du retard. C'est une autre façon de mesurer le temps.
Cette année, quelque chose a changé. Ou plutôt : quelque chose est en train de revenir. De plus en plus de Malgaches — jeunes surtout, ce qui n'est pas anodin — se retournent vers leurs racines, cherchent à comprendre ce que signifie réellement l'Alahamadibe, posent des questions que leurs parents n'avaient pas forcément posées. Cette prise de conscience mérite qu'on s'y arrête. On ne peut avancer qu'en sachant d'où l'on vient. C'est vrai pour les individus.
C'est vrai pour les peuples. Alors, en ce début d’année en plein mois de mars, permettez-nous de vous adresser nos voeux les plus sincères. Mitomboa hasina — que votre valeur sacrée grandisse. Samia tsara, samia soa — que tous soient en bonne santé, que tous aillent bien. Que cette nouvelle année soit plus lumineuse que la précédente, plus douce, plus féconde. Que ceux qui cherchent leurs racines les trouvent — et qu'ils y puisent, non pas une nostalgie stérile, mais une force tranquille pour aller de l'avant. Taombaovao 2026. Une page blanche. À vous de l'écrire.

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