Mami Bastà : Du chant aux champs
14 novembre 2025 // Que sont-ils devenus ? // 1736 vues // Nc : 190

Porte-fanion du tandonaka, ce rythme typique du Vakinankaratra, Mami Bastà n’est plus à présenter. Dernier membre du célèbre groupe des années 90, Rémy, le guitariste-chanteur, auteur-compositeur-interprète, a fait récemment l’objet d’un film documentaire retraçant sa vie et son actualité.

Retour aux sources. C’est ce qui pourrait qualifier la trajectoire qu’a prise Mami Bastà, ce guitariste-chanteur connu pour ses morceaux « Voasary mandarina », « Mila vonjy ny gasilahy » ou encore « Mariazin’olon-tiana ».

Il a amené le tandonaka, ce style musical originaire du Vakinankaratra, sur les cinq continents. Mais malgré un agenda qui promet des concerts internationaux et nationaux, l’artiste a choisi de revenir à ce qu’il qualifie d’essentiel. « Je suis un artiste paysan. Ou plutôt un paysan artiste », dit-il, avec son rire naïf. Depuis sa maison à Antsirabe, le chanteur s’est relancé dans l’élevage de poules pondeuses, de zébus et de vaches laitières, d’oies et de cochons. « Joindre l’utile à l’agréable », balance-t-il.

Cette décision de revenir à l’essentiel est due à de multiples facteurs, notamment les événements difficiles qu’il a traversés, et le fait qu’il soit le dernier de son groupe encore de ce monde. « Mais ça ne signifie pas que je ne crée plus ou que je déserte la scène. Au contraire, cette retraite au milieu des animaux et des champs m’a permis d’écrire de nouveaux morceaux », signale l’auteur-compositeur. Il donne – de temps à autres – des concerts, au pays ou à l’étranger. À son absence, c’est son épouse qui s’occupe de la ferme.

Pour lui, tout le monde devrait être paysan, ne serait-ce qu’à mi-temps. Mais pour lui, c’est la vie d’artiste qu’il fait – dorénavant – à mi-temps. « Depuis le début de ma carrière solo en 2000 jusqu’à récemment, j’ai fait maintes fois le tour de Madagascar et plusieurs fois le tour du monde. Maintenant, je m’investis dans les tours de mes champs et les enclos de mes animaux », lance-t-il avec un éclat de rire.

Mami Bastà, aujourd’hui sexagénaire, a commencé à chanter à tout juste cinq ans. En 1977, il crée sa première chanson « Foaran’ny Belazao ». En 1982, il intègre le groupe Rémy, aux grands tubes comme « Rafianarana », « Fitia somongamonga » ou « Porofom-pitia ». En 2000, il quitte le groupe pour se lancer dans une carrière solo sous le nom de Mami Bastà. Et alors qu’il a un peu plus de temps pour rester chez lui, Mami Bastà est sur un nouveau projet artistique. Travaillant avec Dama, du groupe Mahaleo, il mène des travaux de recherche et écrit un livre sur les musiques de la Grande-île, notamment leurs similarités avec le tandonaka du Vakinankaratra. C’est normal pour un artiste chevronné de laisser de tels ouvrages pour la postérité. Faire du local-global ?

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Mami Bastà
Contact : +261 32 21 418 23 (WhatsApp)

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

Lire

23 janvier 2026

Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

L’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP) fera son grand retour du 1ᵉʳ au 3 mai 2026 pour une 17ᵉ édition qui s’annonce particulièrement dense. Après av...

Edito
no comment - Prêt à offrir

Lire le magazine

Prêt à offrir

Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

No comment Tv

Making of shooting mode – Janvier 2026 – NC 192

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition janvier 2026 - NC 192
Prise de vue : La Teinturerie Ampasanimalo 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir