Toavinjanahary Marianno : Hors logique
19 octobre 2025 // Arts Plastiques // 2437 vues // Nc : 189

Ce mois-ci, c’est Toavinjanahary Marianno qui réalise la couverture de nocomment. Premier prix du concours Art & Design, ce peintre se distingue par ses œuvres que les amateurs d’art qualifient d’insaisissables. Des tableaux hors cadre !

Comment la création est-elle entrée dans votre vie ?
Privé de dessin par mes professeurs qui me confisquaient mes carnets, j’ai rusé en me tournant vers l’écriture. Plus libre après le bac, je me suis formé seul à la peinture. Sans thèmes imposés, je crée pour moi, incapable d’attendre l’existant : là où d’autres achetaient des posters, moi, je les dessinais.

Vous avez remporté le premier prix du concours Art & Design.
Le tableau Mbola tsy nahazo fahaleovan-tena n’était même pas achevé quand je me suis inscrit. J’ai sauté sur l’occasion. Le voir utilisé en photo de profil ne m’a pas surpris : les gens n’avaient jamais vu ça en soixante ans. Peut-être que ça a changé leur regard sur la situation locale.

Aujourd’hui, vous vous êtes lancé dans le surréalisme ?
Je refuse de rester enfermé dans une formule, même gagnante. On nous martèle l’objectivité en histoire, mais à force, elle devient une maladie qui étouffe la peinture.

Le surréalisme m’a offert une échappée vers l’inconscient et l’irrationnel. Découvert à travers mes cours, j’y ai trouvé une correspondance avec ma quête : matérialiser ce qui échappe à la logique. Mais ce n’est qu’une étape : après lui, je veux explorer l’inspiration elle-même, du Caravage au baroque.

Votre exposition personnelle sera justement consacrée à ce thème.
Le titre sera Quand l’amour est surréaliste. J’ai voulu matérialiser mes réflexions après avoir posé des questions objectives sur l’amour éros, celui qui est sensuel et passionnel. Très vite, je me suis heurté à l’impossibilité de le comprendre logiquement. L’amour est une impasse, une absurdité, une libération ? J’ai renoncé à la logique et choisi le surréalisme pour expliquer l’inexplicable. Parce qu’aimer, au fond, c’est déjà plonger dans le rêve et l’inconscient.

Vous êtes plus aquarelle ou peinture à l’huile ?
J’utilise tous les médiums. L’acrylique quand je suis pressé, l’huile quand j’ai de la patience. Crayon, aquarelle aussi. Ce n’est pas une question d’outil, mais de désir. Je ne sais pas si j’ai de l’inspiration ou non. J’ai juste ce besoin de faire, alors je fais.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Marianno Toavinjanahary

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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