Mializo Razanakoto (Haikintana Astronomy) « Des exoplanètes baptisées Rapeto et Trimobe »
8 avril 2021 // Assos // 5748 vues // Nc : 135

Dans un pays où seulement 30 % des Malgaches choisissent les filières scientifiques après le lycée et où plus de la moitié sont des hommes, Haikintana a pour mission de vulgariser l’astronomie auprès du plus grand nombre. Petit tour d’horizon avec la fondatrice de l’association.

Haikintana Astronomy en quelques mots ?
L’idée est née lorsqu’une équipe de jeunes passionnés se rencontrent pour la première fois à l’occasion d’une animation de planétarium mobile à Antananarivo début 2015, avec la création d’une page Facebook à la fin de cette même année. Depuis 2018, Haikintana est reconnu officiellement en tant qu’association. À travers nos activités, nous souhaitons encourager les jeunes et surtout les femmes à s’intéresser davantage aux disciplines scientifiques, essentielles au développement du pays. Nous apportons aussi des explications aux croyances et superstitions concernant les phénomènes célestes.

L’astronomie est-elle une science accessible ?
Elle suscite la curiosité de toutes les classes d’âges, mais surtout des enfants. Mais par manque de sensibilisation auprès des écoles publiques, cette science intéresse plus les enfants issus des institutions privées, françaises ou anglaises. Quant aux femmes, Madagascar compte deux astronomes professionnelles travaillant à l’étranger. En 2020, l’astrophysicienne Zara Randriamanakoto basée en Afrique du Sud a reçu le Prix Jeunes Talents Afrique Subsharienne L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, pour ses recherches sur les amas stellaires présents au sein de galaxies où l’activité de formation des étoiles est particulièrement intense. Grâce à la filière astronomie à l’université d’Antananarivo, de plus en plus de filles étudient dans ce domaine et renforcent les rangs des astro-physiciens.

Quelles sont vos activités pour promouvoir l’astronomie ?
Nous partageons régulièrement des contenus scientifiques et nous organisons des concours. Nous avons également créé un groupe HK Unit qui est une plateforme d’échange entre les passionnés sur Facebook avec plus de 650 membres actuellement. Sur le terrain, nous organisons des séances d’observations à Astro Ankadiefajoro durant les périodes propices ainsi que des conférences-débats destinés au public à Habaka Tsimbazaza. Haikintana intervient aussi dans les écoles privées et publiques pour parler d’astronomie à travers des ateliers pratiques.

L’astronomie pour sensibiliser à la protection de l’environnement ?
Depuis 2017, Haikintana participe à la Journée mondiale des astéroïdes (International Asteroid Day). Le programme de la journée s’organise autour de la sensibilisation de la population sur les impacts néfastes des tombés d’astéroïdes sur le territoire. Mais nous utilions aussi l’enseignement de l’astronomie pour  sensibiliser la population à la fragilité de notre planète et à la protection de l’environnement. En mars 2019, Haikintana a participé à la grande marche pour les forêts, à l'occasion du Earth Hour et a planté des arbres durant la célébration des trente ans de l’image Pale Blue Dot (en 1990, la sonde Voyager 1 transmettait l’image lointaine de la Terre comme un « point bleu pâle » dans le système solaire – NDLR)

Le projet Nameexoworlds ?
C’est un projet de l’Union internationale astronomique (UIA) dans le cadre de la célébration de son centenaire en 2019 sur le thème Under One Sky  (Sous un même ciel). Nameexoworlds permet à chaque pays de donner un nom à une exoplanète et son étoile. Ces noms doivent être issus d'un concours national où le public propose des noms et voter ensuite pour ceux qui lui plaisent le plus. Le concours a été ouvert à tous les pays membres de l’UIA dont Madagascar depuis 2019. L’objectif est de célébrer l’unité et la fraternité en tant que « citoyens du cosmos », sans barrière culturel et géographique. Par la suite, les noms Rapeto et Trimobe ont été retenu et se trouvent désormais dans le glossaire des exoplanètes.   

Le futur ?
Pour les prochaines années, Haikintana travaille sur la pérennisation de ses activités à Madagascar et projette de se développer  dans les régions. Nous collaborons également avec des associations à l’étranger pour l’appui de nos projets et la construction prochaine d’un observatoire.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Bred Madagasikara Banque Populaire : Un an de présence sur le marché

Lire

21 février 2026

Bred Madagasikara Banque Populaire : Un an de présence sur le marché

Bred Madagasikara Banque Populaire célèbre le premier anniversaire de son implantation à Madagascar, sous le slogan « 1 an à vos côtés ». L’établissem...

Edito
no comment - Prêt à offrir

Lire le magazine

Prêt à offrir

Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

No comment Tv

Interview - Dee Andriambelo - Février 2026 - NC 193

Découvrez 𝗗𝗲𝗲 𝗔𝗻𝗱𝗿𝗶𝗮𝗺𝗯𝗲𝗹𝗼, artiste musicienne, dans le 𝐧𝐨 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭® NC 193 - Février 2026
Présente dans plusieurs projets musicaux, elle enchaîne les concerts à travers l’île. Préparant son prochain show avec le groupe de death metal 669, elle accorde une interview à 𝐧𝐨 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭®.

Focus

"Taom-baovao" de l'IFM

"Taom-baovao" de l'IFM, le samedi 24 janvier

no comment - "Taom-baovao" de l'IFM

Voir