By Raloum : Je peins donc je suis
24 mars 2026 // Métiers & Petits Métiers // 31 vues // Nc : 194

Sur la route d’Ambohimanambola, certaines voitures ne passent pas inaperçues. Elles racontent une histoire, éclaboussent le bitume de couleurs et, au coin arrière, signent fièrement : « by Raloum ».

Lova Rakotomihanta, alias Raloum, peint des corps, des paysages, parfois du rêve… sur des voitures. Depuis 2012, il a transformé cette passion en entreprise. Dans la cour de son atelier, au moins cinq véhicules attendent leur tour de rafraîchissement. Le customizer en reçoit presque un par jour ; un camion peut monopoliser le pistolet jusqu’à une semaine. « Je suis déjà ravi que les Malgaches aiment personnaliser leur voiture », sourit-il. Lorsque nous le rencontrons, il achève les détails d’un motard lancé sur un terrain glissant, éclaboussé de marron clair et de foncé tirés en finesse. Puis il confie son pistolet à l’une des dix paires de mains qui l’assistent. Ici, on travaille en équipe. Portrait de personnalité célèbre, paysage, dessin symbolique : parfois, il a carte blanche. « Je combine les idées du client aux miennes et à celles de l’internet. À trois, comment ne pas avoir de résultat positif ? », lance-t-il. Du tableau de bord aux jantes, d’un scooter aux semi-remorques, il n’y a pas un jour sans couleur.

Pourtant, Raloum n’était pas destiné à ce destin chromatique. Ancien technicien en génie civil et bâtiment, il échange en 2012 les plans et les vis contre le vernis, après un premier atelier à Fénérive-Est. En 2014, retour à Antananarivo. « Ce parcours m’a servi parce que sur les voitures comme sur les maisons, j’utilise les échelles », dit-il, non sans humour. La phrase pourrait prêter à sourire ; elle dit surtout une méthode. Entre-temps, il suit des cours de portrait au Cercle Germano Malagasy et de décoration à l’École des métiers et arts plastiques. « J’utilise un logiciel pour tracer la matrice du visage des personnalités célèbres. Le reste, je le peins sur le tas », fait-il savoir. Toujours avec de la peinture automobile. « Pour l’éclat ! » Une brillance qui promet de durer.

De son atelier d’Ambohimanambola, il rêve d’élargir ses activités, chaque technicien avec son compartiment, de la conception au lustrage — un parfum de West Coast Customs version malgache. Les demandes sont parfois folles. « Rien n’a égalé ce Peugeot 106 dont le propriétaire voulait la reproduction du moteur sur le capot », raconte-il avec fierté. Tout est possible, dit-il, tant que la matière le permet. Seule ombre au tableau : « La contrefaçon des produits détruit la qualité », regrette l’artiste qui peint avec son cœur. Pour le reste, ses couleurs parlent d’elles-mêmes.

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : ByRaloum
Numéro : +261 34 82 145 54

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Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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