Smooth Bartender and More : Des cocktails qui parlent malgache
14 juin 2025 // Gastronomie // 3350 vues // Nc : 185

« Rombo », « Manankasina », « Malai-misaraka ». Ce ne sont pas des noms à faire peur, mais à faire saliver. Des noms et des combinaisons douces inspirés du vécu, de ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Kevin Razafitsoma et Tsanta Andriamampionona transportent le public depuis un an avec Smooth Bartender and more. Ils proposent des cocktails et plus.

Smooth Bartender and More, c’est quoi le concept ?
Ce n’est pas juste des cocktails. Il s’agit d’un voyage entre traditions et sortilèges. Nos créations s’inspirent de mots intraduisibles ou d’expressions malgaches chargées de sens. Le « Rombo », par exemple, vient de mandrombo – un appel à la bravoure. On y tient, à ces clins d’œil. À chaque service, on raconte, on transmet. La magie ? Elle nous suit depuis l’univers d’Harry Potter. Puis un jour, on a réalisé que notre propre culture en regorgeait. Même mystère, même force. Alors, pourquoi la taire ? À travers nos boissons, on essaie de faire parler cet héritage, avec une dose d’enchantement — et un trait de rhum, bien sûr.

« Malai-misaraka », un de vos cocktails phares…
« Malai-misaraka », c’est nous. Ce cocktail, c’est l’histoire d’amitiés qui traînent en longueur, de groupes qui ne veulent pas se quitter, et de verres qui se transforment en souvenirs. Tout a commencé avec une rose. Tsanta me l’a offerte pour nos cinq ans. Elle sentait bon, mais… que faire avec une rose ? J’avais du gin, alors j’ai tenté une liqueur maison. On y a ajouté de la tequila – ce petit poison festif qui transforme un « dernier verre » en trois heures de discussions. Comme beaucoup de nos créations, « Malai-misaraka » mêle vécu et traditions. L’alcool roux y murmure les rites Sakalava, et le 303 d’Ambalavao nous rappelle d’où l’on vient, Manakara et Ambositra.

Vous proposeriez des boissons personnalisées ?
Pas de recette figée chez Smooth Bartender and more. Nos cocktails naissent sur l’instant, selon l’humeur ou le moment. Pour les cinq ans de Mousseux sy Mandam’, on s’est inspirés de la texture et de la mousse de leurs bouteilles. Mais c’est pour Bolo, lors du lancement de son album Jerenty, que notre esprit s’est le plus exprimé. Nous avons réalisé un cocktail à base de Black Coconut endémique et d’ananas, inspiré de sa chanson Mémamay. Un vrai show, entre feu, fumée et cris du public. Le cocktail s’appelait Vain’afo. Un hommage à ceux qui vivent avec les flammes. Unique. Éphémère. Il ne reviendra sans doute jamais.

Parlez-nous de vos projets.
Avant de penser à un local, on veut d’abord sortir, respirer ailleurs. Bientôt, cap sur la RN2 pour écouter les récits de la côte, s’imprégner, puis restituer. Ensuite ? Parcourir les scènes de l’île, et peut-être, un jour, échanger avec les îles voisines. Chez Smooth Bartender and more, ce qui nous anime, c’est la conviction que le spirituel est universel. On a trop souvent peur de ce qu’on ne comprend pas. Mais les rites, les coutumes malgaches portent aussi du beau, du bon. Ce qu’on veut, c’est ça : raconter nos traditions autrement, faire résonner leurs chants, leurs odeurs et leurs feux jusque dans les verres.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Contact: smoothgasy@gmail.com
Facebook: Smooth bartender and more.

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Il fut un temps — pas si lointain — où le cinéma malgache était timide, réduit à quelques projections confidentielles et à des moyens de fortune. Depuis un certain temps – ironie du sort ou simple justice poétique – ce sont nos films qui s’invitent sur les écrans du monde et des festivals sur les cinq continents. Felana Rajaonarivelo, Kuro Mi qui ont été récemment primés dans des festivals internationaux. Avec cette nouvelle génération de cinéaste, Madagascar rafle les prix et, surtout, les regards.
Il fut une époque où parler de « cinéma malgache » provoquait un sourire poli, celui qu’on réserve aux rêves un peu fous. D’autres se moquaient ouvertement de ces productions de niveau abécédaire. Désormais, ces points de vue moqueurs s’effacent pour laisser place à l’admiration. Les images sont plus nettes, les scénarios plus affûtés, les voix plus assurées. On sent cette montée en gamme, cette fierté tranquille d’un art qui prend enfin confiance en lui. Et c’est beau à voir — comme une pellicule qu’on aurait enfin sortie du grenier pour la projeter au grand jour.
Certes, des défis restent à relever, notamment en matière d’infrastructures, de financements, de formation… mais le vent tourne. Et ce vent-là sent la créativité, la sueur, et un peu de ce grain de folie propre à nos conteurs. La Grande-île ne veut plus être simple figurant dans l’histoire du septième art. Madagascar s’installe, doucement mais sûrement, dans le rôle principal. Au fond, ce renouveau n’est pas qu’un phénomène culturel. C’est une déclaration : ici aussi, on sait raconter. Et mieux encore, le faire rêver.

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