Julien & Myrrha : Regards croisés
6 octobre 2020 // Mode & Design // 6965 vues // Nc : 129

Un nouveau regard sur l’artisanat, c’est la raison d’être de Mijery, une maison d’édition d’objets d’intérieur. Créée par Julien Lestrille et Myrrha Randriamiarisoa, cette maison reflète le savoir-faire malgache, les rencontres et l’unicité.

Quand deux cultures, celles de Julien Lestrille et Myrrha Randriamiarisoa se croisent, cela donne Mijery (Regard). Une nouvelle façon d’aborder le design et la culture malgaches à travers des objets, porteurs de sens et d’histoires. Julien, designer, réalise un voyage initiatique à Madagascar en 2014 pour aller à la rencontre des traditions malgaches et de l’histoire artisanale de l’île. Il y revient quatre ans plus tard pour poursuivre l’aventure et créer une maison d’édition qui conçoit et fabrique des objets d’intérieur responsables et durables. « Mijery Édition est né et déterminé par la volonté d’ouvrir un regard différent sur les savoir-faire artisanaux d’exception comme ceux de Madagascar. Nous voulons apporter de latransparence sur l'ensemble

du processus de fabrication. De l'inspiration du designer à l'origine des matières utilisées, en passant par l'artisan qui a fabriqué l'objet. Nous sommes convaincus que si nos objets ont une histoire et qu'ils sont uniques, alors nous créons de l'attachement. L'attachement créant la pérennité. » Raison pour laquelle, la rencontre est au cœur du processus de création.

Le couple parcourt le pays pour collaborer avec les artisans dont les techniques de travail restent ancestrales et authentiques. Les matières utilisées sont également choisies dans un esprit collectif car l’artisan reste expert en la matière. Par exemple, la collection de chandeliers Obi se décline à travers la poterie en mettant en valeur l’ocre, mais aussi la fonderie en utilisant des métaux recyclés de casseroles et de cocottes, un savoir-faire originaire d’Ambatolampy et par l’ébénisterie avec le travail du bois, héritage du peuple Zafimaniry. « Nous attachons beaucoup d’importance à utiliser autre chose que les bois dits précieux car Madagascar regorge de bois magnifiques et qui ont une pousse dite rapide. Nous utilisons par exemple, le varongy ou le vintanina, traditionnellement utilisés en menuiserie. » Et pour l’inspiration ? « Les ornements géométriques que l’on retrouve dans les meubles traditionnels malgaches se sont mariés à mes inspirations artistiques », explique Julien. « Dans la collection OBI, on retrouve des références telles que les vases d’Ettore Sottsass, les œuvres de Daniel Arsham ou l’influence des films de science-fiction comme le Cinquième Élément ou Star Wars. D’un point de vue créatif, on s’attarde à imaginer des objets intemporels, pour qu’ils puissent traverser le temps et les générations ».

Le processus de création se poursuit par la phase de prototypage avec les artisans et la validation du processus de production. Pour les fondateurs, il est important de rester sur une production raisonnée et raisonnable. Ainsi, les objets créés s’inscrivent dans une démarche humanitaire et éthique. Les artisans qui collaborent avec eux sont rémunérés à la hauteur de leur valeur ajoutée pour leur assurer une vie décente. « Nous sommes conscients de l’impact que nous avons écologiquement, puisque nos objets traversent le globe. Nous souhaitons agir à notre niveau pour limiter cet impact. Cela passe par le choix des matières, par exemple, le laiton que nous utilisons est du laiton recyclé, les bois choisis ne sont pas des bois précieux. Et nous collaborons avec l’association malgache OP500 pour replanter des arbres et aller éduquer dans les villages sur l’importance de reboiser l’île. » Pour la maison, ce dernier trimestre est chargé entre la clôture de la production de la première collection de chandeliers Obi et la commercialisation sur la marketplace (marché en ligne) Designer Box, le lancement de la deuxième collection de plateaux Niel et la nouvelle branche Mijery Studio, un studio de création dédié au design d’objets et d’espaces d’intérieur sur mesure.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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