Sauver Agnalambahy un film plaidoyer
19 janvier 2020 // Cinéma // 4890 vues // Nc : 120

Après deux années de silence, Gilde Razafitsihadinoina signe son retour avec un film engagé, « Sauver Agnalambahy ».

On le connaît avec ses documentaires d’observation qui nous plongent dans les réalités de la vie de tous les jours de sa région natale, le Sud-Est. Lui, c’est Hérménégilde Razafitsihadinoina. Primé à plusieurs reprises aux Rencontres du Film Court (RFC), il revient cette année avec un nouveau film, «Sauver Agnalambahy ». Une prise de parole en faveur de la protection de la forêt d’Agnalambahy en proie à une dégradation inquiétante.

De « Du coq à l’âne dans la tabatière » (2013) au «Jeux d’enfant» (2017) en passant par « Coups de hache pour une pirogue (2014) ou encore « Le périple du café» (2015), les films Gilde révèlent en toile de fond la richesse de la nature à Madagascar. Car la nature est indissociable de la vie paysanne qui captive son attention depuis des années. « Cette prise de parole est une suite logique de mon intérêt particulier pour les hommes en général. J’essaie de voir plusieurs aspects de la vie paysanne dans le Sud-Est du pays » souligne le réalisateur.

Le film s’ouvre sur une vue aérienne pour situer la forêt sur la carte de Madagascar. Puis, petit à petit, la caméra s’introduit dans la profondeur de cette forêt dont une grande partie, visiblement clairsemée, s’est vidée de sa substance. Viennent ensuite les témoignages des uns et des autres, tantôt pour témoigner de ce que représente la forêt pour eux, tantôt pour dénoncer le pillage des ressources de la forêt.

« J’ai toujours été un amoureux de la nature. […] Ça m’a toujours attristé de constater les défrichements dans les forêts. Je me suis dit qu’un jour, je consacrerai une année pour faire un film. Et ça a pris du temps car il ne s’agissait pas seulement de faire des prises d’images et de retourner à la maison pour le montage. Il y avait surtout un engagement et une participation active pour faire comprendre à tout le monde que ces forêts sont vitales pour nous et pour les générations futures » témoigne Gilde.Le film vient d’être soumis à la 15e édition des RFC pour être en compétition dans la catégorie Documentaire.

Gilde Razafitsihadinoina vient de sortir son premier livre intitulé « Le plus long film du monde » aux éditions Tangerine nights.
C’est un livre autobiographique qui retrace la vie du réalisateur et révèle sa passion pour le septième art.

Domoina Ratsara
Association des Critiques Cinématographiques de Madagascar (ACCM)

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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