Azael : La voix, ça se voit !
16 février 2025 // Cinéma // 8788 vues // Nc : 181

Des séries en malgache, on en voit souvent ! Et si l’on arrive à les apprécier, c’est aussi grâce au jeu de celui qui les interprète. Azael prête sa voix aux personnages de séries philippines depuis quatre ans, une passion qu’il a transformée en métier et qu’il livre sans modération sur nos petits écrans.

Sendra Finoana Safaria Randrianarivelo, de son nom d’artiste Azael, aime jouer avec sa voix. Chanteur, il trouve aussi son bonheur dans la reprise des façons de parler et de l’intonation de personnalités malgaches : « J’aime interpréter des voix de différentes personnes comme Rakoto Frah, Sakelidalana, ou des voix de campagnards et de personnes âgées. Je sais également faire la voix d’une femme. En fait, c’est une passion que j’ai transformée en métier. » Mais dans les séries, interpréter, ce n’est pas seulement lire : il faut y ajouter de l’humanité. « Il faut un bon jeu d’acteur : l’intonation, les émotions… Le personnage doit être différent et unique à chaque série. » Azael a déjà joué le personnage principal de plus de huit séries, dont « Los Bastardos », « La Femme légale » ou « La Vida Lena ». « Connor de « Los Bastardos », par exemple, a été le personnage que j’ai le plus apprécié : il a un style un peu « voyou », très direct. J’ai aimé entrer dans son rôle parce que certains aspects de nos personnalités s’accordent. Il a été le premier personnage que j’ai interprété. » Azael passe ses matinées dans son studio, au siège du Scoop Digital, parlant sur des traductions faites en amont par une équipe.

Une journée de travail, pour Azael, ce sont quelques heures passées derrière le micro. Un ordinateur pour lire les traductions, jouer, mais aussi et surtout faire correspondre sa voix à l’image. « On me donne une indication de temps, mais je dois veiller à bien synchroniser la voix et l’image. Il faut souvent changer le texte livré par les traducteurs, pour qu’il corresponde à notre façon de parler au quotidien, qu’il soit naturel et qu’il sonne un peu plus comme une discussion et pas une traduction. »

Avec ses années d’expérience, Azael améliore tous les jours son jeu. « Au début, il fallait regarder les épisodes pour voir les arrêts et la façon de parler. Avec le temps, j’ai appris à m’habituer et à interpréter sans les regarder à l’avance. » Des rôles assignés, l’interprète s’inspire de quelques documents et du synopsis pour donner vie au personnage. « En général, c’est un métier difficile. C’est différent des histoires à la radio où l’on n’entend que la voix : il faut savoir l’accorder au visage à l’écran et à son expression. » Parfois, il se passe des minutes jusqu’à ce qu’Azael et son binôme – technicien du son – trouvent la bonne traduction : il n’y a pas de temps pour s’ennuyer.

Plongé dans le milieu par sa musique, c’est un ami recruteur qui lui a montré le métier. « Déjà dans le métier en tant que chanteur, j’ai participé à une formation sur la voix-off : j’y ai appris les émotions, comment jouer, l’intonation, comment est une voix quand elle est heureuse, en colère ou surexcitée…. Durant la formation, je n’ai joué que pour des rôles de figurant, avant de recevoir des rôles de personnage principal à la fin. » Un métier qui demande patience et polyvalence, interpréter est comme un jeu pour Azael : « C’est un talent que j’ai appris à perfectionner en travaillant. Parfois, il m’arrive d’interpréter en japonais, par exemple, quand il y a une réplique dans cette langue. » Il ne cache pas ses aspirations pour le métier et, si l’occasion se présente, peut-être interpréter pour d’autres occasions ? « La série est déjà assez répandue, il serait peut-être intéressant de revoir nos voix dans des publicités. » Azael reste ouvert aux propositions, et éventuellement, aux films internationaux. De quoi renforcer les capacités d’un, déjà, maître de la voix, de la vie à l’écran !

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 32 61 659 86

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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