Azael : La voix, ça se voit !
16 février 2025 // Cinéma // 9764 vues // Nc : 181

Des séries en malgache, on en voit souvent ! Et si l’on arrive à les apprécier, c’est aussi grâce au jeu de celui qui les interprète. Azael prête sa voix aux personnages de séries philippines depuis quatre ans, une passion qu’il a transformée en métier et qu’il livre sans modération sur nos petits écrans.

Sendra Finoana Safaria Randrianarivelo, de son nom d’artiste Azael, aime jouer avec sa voix. Chanteur, il trouve aussi son bonheur dans la reprise des façons de parler et de l’intonation de personnalités malgaches : « J’aime interpréter des voix de différentes personnes comme Rakoto Frah, Sakelidalana, ou des voix de campagnards et de personnes âgées. Je sais également faire la voix d’une femme. En fait, c’est une passion que j’ai transformée en métier. » Mais dans les séries, interpréter, ce n’est pas seulement lire : il faut y ajouter de l’humanité. « Il faut un bon jeu d’acteur : l’intonation, les émotions… Le personnage doit être différent et unique à chaque série. » Azael a déjà joué le personnage principal de plus de huit séries, dont « Los Bastardos », « La Femme légale » ou « La Vida Lena ». « Connor de « Los Bastardos », par exemple, a été le personnage que j’ai le plus apprécié : il a un style un peu « voyou », très direct. J’ai aimé entrer dans son rôle parce que certains aspects de nos personnalités s’accordent. Il a été le premier personnage que j’ai interprété. » Azael passe ses matinées dans son studio, au siège du Scoop Digital, parlant sur des traductions faites en amont par une équipe.

Une journée de travail, pour Azael, ce sont quelques heures passées derrière le micro. Un ordinateur pour lire les traductions, jouer, mais aussi et surtout faire correspondre sa voix à l’image. « On me donne une indication de temps, mais je dois veiller à bien synchroniser la voix et l’image. Il faut souvent changer le texte livré par les traducteurs, pour qu’il corresponde à notre façon de parler au quotidien, qu’il soit naturel et qu’il sonne un peu plus comme une discussion et pas une traduction. »

Avec ses années d’expérience, Azael améliore tous les jours son jeu. « Au début, il fallait regarder les épisodes pour voir les arrêts et la façon de parler. Avec le temps, j’ai appris à m’habituer et à interpréter sans les regarder à l’avance. » Des rôles assignés, l’interprète s’inspire de quelques documents et du synopsis pour donner vie au personnage. « En général, c’est un métier difficile. C’est différent des histoires à la radio où l’on n’entend que la voix : il faut savoir l’accorder au visage à l’écran et à son expression. » Parfois, il se passe des minutes jusqu’à ce qu’Azael et son binôme – technicien du son – trouvent la bonne traduction : il n’y a pas de temps pour s’ennuyer.

Plongé dans le milieu par sa musique, c’est un ami recruteur qui lui a montré le métier. « Déjà dans le métier en tant que chanteur, j’ai participé à une formation sur la voix-off : j’y ai appris les émotions, comment jouer, l’intonation, comment est une voix quand elle est heureuse, en colère ou surexcitée…. Durant la formation, je n’ai joué que pour des rôles de figurant, avant de recevoir des rôles de personnage principal à la fin. » Un métier qui demande patience et polyvalence, interpréter est comme un jeu pour Azael : « C’est un talent que j’ai appris à perfectionner en travaillant. Parfois, il m’arrive d’interpréter en japonais, par exemple, quand il y a une réplique dans cette langue. » Il ne cache pas ses aspirations pour le métier et, si l’occasion se présente, peut-être interpréter pour d’autres occasions ? « La série est déjà assez répandue, il serait peut-être intéressant de revoir nos voix dans des publicités. » Azael reste ouvert aux propositions, et éventuellement, aux films internationaux. De quoi renforcer les capacités d’un, déjà, maître de la voix, de la vie à l’écran !

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 32 61 659 86

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Mazavaloha : Eclats d’âmes

Lire

1 avril 2026

Mazavaloha : Eclats d’âmes

À Ampasanimalo, l’exposition Mazavaloha réunit trois trajectoires qui se croisent depuis plus de vingt ans et qui, aujourd’hui, s’éclairent mutuelleme...

Edito
no comment - Notre janvier à nous

Lire le magazine

Notre janvier à nous

Il y a quelque chose d'assez beau dans l'idée de commencer l'année en mars. Quand le reste du monde a déjà oublié ses résolutions de janvier, nous, nous prenons le temps — celui du calendrier lunaire, celui des ancêtres. Ce n'est pas du retard. C'est une autre façon de mesurer le temps.
Cette année, quelque chose a changé. Ou plutôt : quelque chose est en train de revenir. De plus en plus de Malgaches — jeunes surtout, ce qui n'est pas anodin — se retournent vers leurs racines, cherchent à comprendre ce que signifie réellement l'Alahamadibe, posent des questions que leurs parents n'avaient pas forcément posées. Cette prise de conscience mérite qu'on s'y arrête. On ne peut avancer qu'en sachant d'où l'on vient. C'est vrai pour les individus.
C'est vrai pour les peuples. Alors, en ce début d’année en plein mois de mars, permettez-nous de vous adresser nos voeux les plus sincères. Mitomboa hasina — que votre valeur sacrée grandisse. Samia tsara, samia soa — que tous soient en bonne santé, que tous aillent bien. Que cette nouvelle année soit plus lumineuse que la précédente, plus douce, plus féconde. Que ceux qui cherchent leurs racines les trouvent — et qu'ils y puisent, non pas une nostalgie stérile, mais une force tranquille pour aller de l'avant. Taombaovao 2026. Une page blanche. À vous de l'écrire.

No comment Tv

Interview - Oliva de Chris'Art - Mars 2026 - NC 194

Découvrez Oliva de Chris'Art, créatrice artisanale, dans le no comment® NC 194 - mars 2026
Tasses, bocaux, cafetières… Chez Chris'Art, les objets du quotidien deviennent des œuvres à part entière. Sur chaque pièce peinte à la main, des scènes de vie malgaches — entre ville et campagne — racontent l'île au fil des pinceaux.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir