Jaofeno Hopper : « Il faut être à jour pour faire des clips de qualité »
23 février 2025 // Cinéma // 7794 vues // Nc : 181

Quand Jaofeno Hopper fait chauffer la caméra, c’est pour les stars ! Avec son studio HPC Photography, il signe des clips de Black Nadia, Lianah, Big MJ, Tence Mena ou encore Jean Aimé. Dans un monde où les réseaux sociaux mettent les clips à portée de clic, l’innovation est essentielle. Heureusement, Jaofeno Hopper et son complice de toujours, son frère Ma’joo Oo’maj, sont prêts à relever tous les défis pour rester dans le tempo.

La naissance d’un clip ?
Tout commence par la chanson : l’artiste nous la confie, et on se plonge dedans pour en tirer une étude approfondie. Une fois le script écrit, je le garde sous clé jusqu’à ce que l’artiste soit prêt à tourner. Pourquoi ? Parce que j’ai déjà vu des scripts filer ailleurs pour des tournages faits par d’autres. Pas question que ça se reproduise ! Une fois l’accord en poche, je lui détaille le plan d’action et les équipements nécessaires. Si le budget fait grimper les sourcils, pas de panique : je propose une version allégée, mais tout aussi percutante. Ensemble, on ajuste tout pour que ça colle parfaitement à ses attentes.

Un tournage mémorable ?
Pour le clip de « Fangilinao » de Black Nadia, on devait tourner en plein jour, en sous-bois. Tout était calé, mais le temps pour le maquillage – parce qu’une femme doit être au top devant la caméra – nous a un peu retardés. Heureusement qu’on avait un groupe électrogène sous la main, sinon on était cuits ! Le plan initial, c’était de finir vers 16h ou 17h… Résultat ? On a bouclé à quatre heures du matin, en plein hiver, dans le parc de Mandraka. Et pour couronner le tout, retour en pick-up sous un froid glacial. Mais au final, le clip en valait la peine. Les imprévus, ça fait partie du jeu, et on s’adapte toujours à la situation.

Comment évoluent les clips maintenant ?
Les clips évoluent et on essaie de sortir du trop littéral. Par exemple, si les paroles disent « boire de l’eau » ou « se promener », certains artistes insistent pour qu’on filme exactement ça. Mais la réalisation, c’est bien plus que ça – il faut suivre les tendances et se renouveler. Malheureusement, tous les clients ne sont pas toujours à la page. Chaque année, on monte en qualité, que ce soit sur le plan technique ou visuel. Nos équipements deviennent de plus en plus pros : certains demandent même du 8K, alors que les chaînes de télé malgaches ne diffusent encore qu’en full HD. Ce qui m’impressionne aujourd’hui, c’est la netteté des images, un vrai bond en avant. Mais au final, chaque réalisateur apporte sa vision, en fonction de son client et de l’impact qu’il veut avoir sur le public.

Et l’influence des réseaux sociaux ?
Dans le milieu, il y a des artistes qui ont de vraies querelles, et d’autres qui jouent la carte du faux clash pour le buzz. Résultat : on voit débarquer des faux comptes dans les commentaires, souvent là pour semer la discorde. On fait la part des choses : on écoute les critiques constructives qui peuvent nous aider à progresser, mais les messages de haine ? On les laisse de côté.

Y a-t-il des limites dans votre travail ?
À Madagascar, il y a les « soatoavina », et ça impose des limites, même aux artistes. Certains explorent la musique tropicale et jouent sur l’esthétique des corps, mais avec les « soatoavina », on ne peut pas tout se permettre, même en poussant le visuel au max. La liberté reste encadrée. Beaucoup s’inspirent de Beyoncé ou de clips américains, sans filtre et ultra-audacieux. Mais ici, même si on crée des images sublimes, il arrive qu’elles soient interdites de diffusion à la télé. Résultat ? On doit tout refaire.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : HPC Photography
paulhopper24@gmail.com
0344622843

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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