Sakay Fody Lahy Mena : C’est bon, ça pique !
21 avril 2025 // Gastronomie // 5916 vues // Nc : 183

Du goût et du piquant, les produits de Sakay Fody Lahy Mena sont inspirés d’une recette familiale de Ranaivo Norbert Zakarivelo. Son atelier est une pièce de sa maison à Ambohimarina Itaosy, un repère dans lequel il garde tout le matériel pour faire quatre sortes de produits basés sur le piment oiseau. Du piment rouge qu’il fait découvrir un peu partout dans les restaurants et ses revendeurs en ville depuis 2022.

Le piment et vous, une histoire de toujours ?
Je suis un grand consommateur de piment, c’est de famille. Nous avions notre propre recette et nous n’arrivions jamais à être satisfaits de ce que nous mangions à l’extérieur. Sakay Fody Lahy Mena est l’issue d’un verre entre amis : j’apporte toujours du piment avec moi et ils m’ont dit de commencer à les commercialiser. Même si ce n’était pas sérieux au début, j’ai commencé à en vendre en 2022. Le nom vient du passereau « fody », qui est aussi endémique, et une référence au mâle qui devient rouge, comme à la transformation du piment. C’est de là que vient « Fody Lahy Mena ».

Nos produits sont à base de piment oiseau : la poudre pour les plats, le piment de table classique et celui au goût citronné et enfin l’huile de piment pour accompagner les pizzas ou les raviolis. Sur les conseils d’un ami, nous avons essayé de suivre les normes de l’Union européenne pour le packaging pour pouvoir vendre à un public plus étendu. Nos cibles sont surtout les épicuriens gastronomiques, les gens qui aiment manger des plats délicieux et de qualité.

Comment créez-vous vos piments ?
Nous sommes là tous les week-ends : nous en faisons environ 200 de chaque sorte. Nous commençons par le triage et l’étiquetage des piments. Puis, on fait un lavage à plusieurs reprises parce que, sans qu’on s’y attende, les piments qu’on voit au marché sont pleins de boue. Ils passent au déshydrateur à 90 degrés pendant dix heures et celui-ci va éliminer les bactéries et les microbes, une étape assez délicate à cause des dérèglements de l’électricité. C’est dans le broyeur que tout se passe, on y met les ingrédients, puis on les passe au mélangeur.

De la poudre de piment à l’huile, chacun a un processus spécifique. Nous essayons d’utiliser des ingrédients locaux, avec une bonne précision. Tous nos produits sont généralement travaillés pendant un long moment : nous faisons des essais avec un panel de goûteurs. Quand on a récolté leurs avis, nous laissons un échantillon aux épiceries, sans mettre la marque, et là encore, nous notons les retours. Quand les clients, en général, sont satisfaits, c’est là que commencent les démarches de mise en vente. La recette ne change pas, mais avec toutes les nourritures qui émergent en ce moment et les nouveaux goûts, nous avons essayé de l’adapter aux changements du palais.

S’agrandir bientôt ?
J’ai commencé à travailler une parcelle de terre pour produire mes propres piments. Évidemment, en fonction du marché, j’aimerais un jour multiplier et innover le matériel, tout en offrant du travail au voisinage. Jusque-là, ils ne sont encore que cinq à travailler avec moi, mais l’objectif est que tout le monde puisse en bénéficier. Le vrai défi est de trouver le bon fournisseur, c’est pour cela que je travaille la terre. Peut-être, bientôt, on pourra rajouter un nouvel ingrédient. Les produits sont disponibles dans la capitale, à Sambava, à Antsirabe et dans tous les Leaders Price de l’île et nous travaillons également avec des restaurants partenaires. Généralement, nous faisons le tour des restaurants pour essayer les plats phares et voir ce qu’on peut proposer, mais en vérité, la recette des piments varie selon celui qui le fait. Il nous arrive aussi de goûter à celles des autres. En piment, c’est chacun son goût !

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Contact :
+261 32 61 467 32
+261 33 40 844 55
direction@fodylahymena.store
Facebook : SAKAY – Fody Lahy Mena

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : L’économie a bonne mémoire

Lire

10 octobre 2025

Exposition : L’économie a bonne mémoire

De l’époque des royaumes à l’ère républicaine, Madagascar raconte son parcours économique à travers une exposition inédite. Organisée par FTHM Consult...

Edito
no comment - Mada fait son cinéma

Lire le magazine

Mada fait son cinéma

Il fut un temps — pas si lointain — où le cinéma malgache était timide, réduit à quelques projections confidentielles et à des moyens de fortune. Depuis un certain temps – ironie du sort ou simple justice poétique – ce sont nos films qui s’invitent sur les écrans du monde et des festivals sur les cinq continents. Felana Rajaonarivelo, Kuro Mi qui ont été récemment primés dans des festivals internationaux. Avec cette nouvelle génération de cinéaste, Madagascar rafle les prix et, surtout, les regards.
Il fut une époque où parler de « cinéma malgache » provoquait un sourire poli, celui qu’on réserve aux rêves un peu fous. D’autres se moquaient ouvertement de ces productions de niveau abécédaire. Désormais, ces points de vue moqueurs s’effacent pour laisser place à l’admiration. Les images sont plus nettes, les scénarios plus affûtés, les voix plus assurées. On sent cette montée en gamme, cette fierté tranquille d’un art qui prend enfin confiance en lui. Et c’est beau à voir — comme une pellicule qu’on aurait enfin sortie du grenier pour la projeter au grand jour.
Certes, des défis restent à relever, notamment en matière d’infrastructures, de financements, de formation… mais le vent tourne. Et ce vent-là sent la créativité, la sueur, et un peu de ce grain de folie propre à nos conteurs. La Grande-île ne veut plus être simple figurant dans l’histoire du septième art. Madagascar s’installe, doucement mais sûrement, dans le rôle principal. Au fond, ce renouveau n’est pas qu’un phénomène culturel. C’est une déclaration : ici aussi, on sait raconter. Et mieux encore, le faire rêver.

No comment Tv

Making of shooting mode – Novembre 2025 – NC 190

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition novembre 2025 - NC 190
Prise de vue : no comment® studio 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG 
Make up : Réalisé par Samchia 
Modèles : Lana, Judicaël, Catuchia, Faravavy, Tojo, Mitia, Santien, Mampionona 
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

Randonnée du CASM

Randonnée du Club des Amateurs de Scooters de Madagascar - CASM - à Behenjy, le 17 octobre.

no comment - Randonnée du CASM

Voir