Pilah Rakotondravaly : Pretty muscle
15 août 2025 // Loisirs & J’ai essayé // 5376 vues // Nc : 187

En juin dernier, Pilah Rakotondravaly a remis ça. Pour la deuxième année consécutive, elle a décroché le titre de Miss Bikini au Body Perfect d’Antananarivo, imposant sa silhouette comme une véritable œuvre d’art vivante. À la fois athlète, modèle et coach, elle incarne cette discipline où le corps n’est pas qu’un instrument de force, mais un langage qui se sculpte avec passion.

Sur scène, elle avance avec cette assurance qui hypnotise. Bikini scintillant, talons vertigineux, chaque mouvement est millimétré. Sourire accroché aux lèvres, elle enchaîne les poses comme une chorégraphie parfaitement huilée. Pas un geste de trop, pas une hésitation. Et le jury est conquis. « Elle a des muscles, oui, mais une grâce qui vous coupe le souffle », murmure un habitué du circuit. Car ici, dans la catégorie Miss Bikini, on ne célèbre pas les biceps hypertrophiés ni les trapèzes gonflés à bloc. On recherche l’harmonie : un tonus sans excès, des courbes en sablier et cette confiance qui éclabousse la scène. Le tout sans rigidité. Bref, l’art de conjuguer force et féminité.

Pourtant, rien ne prédestinait Pilah à briller dans cet univers. « J’étais une brindille… et on me charriait sans cesse », confie-t-elle, un léger sourire au coin des lèvres, comme pour masquer l’amertume des souvenirs. Le déclic ? Sa rencontre avec un coach – qui est devenu son mari et le père de sa fille. À ses côtés, elle a troqué les complexes contre un mental d’acier. Les premières séances ont été éreintantes, mais peu à peu, les muscles ont pris forme, la posture s’est redressée, et la confiance s’est ancrée. « En 2019, je devais monter sur scène pour ma première compétition… puis je suis tombée enceinte. J’ai choisi la maternité et laissé les projecteurs s’éteindre », raconte-t-elle. En 2023, elle revient dans l’arène. Et dès l’année suivante, elle arrache la couronne de Miss Bikini. Une couronne qu’elle a fièrement défendue en juin dernier.

Derrière ses épaules sculptées et ses abdos dessinés, Pilah garde une douceur presque surprenante. « On me croit bagarreuse, mais je ne sais même pas me battre. Aucun art martial, aucun sport de combat… Je n’ai jamais aimé la violence », lâche-t-elle dans un rire cristallin. Son arme à elle, c’est la discipline. Et ce n’est pas un mot galvaudé. Car forger un tel corps exige des sacrifices dont peu soupçonnent l’ampleur. Son alimentation est réglée comme du papier à musique. « J’adore la pizza, surtout quand le fromage file… mais ça reste pour les jours de cheat meal », avoue-t-elle presque à voix basse, comme un secret. En période “off”, elle s’entraîne deux heures par jour. À l’approche d’une compétition, le rythme double : deux séances quotidiennes, entre cardio ciblé et travail de posing, pour sublimer chaque détail. « C’est épuisant… mais que j’aime ça », dit-elle avec des étincelles dans les yeux.

Pour autant, elle refuse d’entrer dans une spirale de compétitions à répétition. « Le corps a besoin de repos. Sinon, il se fatigue, il sèche… et il perd en esthétique. Rien de pire qu’un corps qui ne répond plus », analyse-t-elle, lucide. Son prochain défi ? Le Championnat de Tana, en mars 2026. En attendant, elle se consacre à ses élèves, leur transmettant cette rigueur qui lui a tant apporté.

Bien sûr, décrocher un titre reste un moment de gloire. Mais pour Pilah, le fitness va bien au-delà des trophées. C’est une quête d’équilibre, un art de vivre. « Je suis fière de mes épaules, de mes courbes, de mes fesses », lance-t-elle sans détour, comme un pied de nez à ceux qui voient dans les muscles féminins un paradoxe. À sa manière, elle prouve que la puissance et la féminité ne sont pas opposées… mais complémentaires.

Solofo Ranaivo

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Décembre arrive et, comme chaque année, Madagascar se réveille culturellement.
Soudainement, les salles de spectacle se remplissent, les artistes sortent du bois, les concerts s’enchaînent. C’est la saison des festivités de Noël mêlant sacré et profane, et des expositions de dernière minute. Bref, tout le monde s’active comme si l’année culturelle se jouait en un seul mois. Et franchement, il y a de quoi se poser des questions. On ne va pas se mentir : les artistes malgaches ne sont pas là uniquement pour nous divertir entre deux repas de fête. Ils bossent, ils créent, et à leur niveau, ils font tourner l’économie. Le secteur culturel et créatif représentait environ dix pour cent du PIB national et ferait vivre plus de deux millions de personnes. Pas mal pour un domaine qu’on considère encore trop souvent comme un simple passe-temps sympathique, non ?
Alors oui, ce bouillonnement de décembre fait plaisir. On apprécie ces moments où la création explose, où les talents se révèlent, où la culture devient enfin visible. Mais justement, pourquoi faut-il attendre décembre pour que cela se produise ? Pourquoi cette concentration frénétique sur quelques semaines, alors que les artistes travaillent toute l’année ? Des mouvements sont actuellement en gestation pour revendiquer leur statut d’acteurs économiques essentiels et pour que l’on accorde à nos créateurs une place réelle dans la machine économique du pays. La culture malgache vaut bien mieux qu’un feu d’artifice annuel. Elle mérite qu’on lui accorde l’attention qu’elle réclame douze mois sur douze.

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