R I O « Je veux qu’on voit le gaming comme un vrai travail »
25 octobre 2023 // Loisirs & J’ai essayé // 4736 vues // Nc : 165

Streamer depuis 2018, Kevin Rakoto Rasamoelijaona, du nom d’emprunt R I O diffuse des vidéos de tutos sur ses réseaux sociaux. À plus de 27.000 abonnés, ce passionné de jeux vidéo décide de s’en inspirer pour créer du travail. Fait qu’il lance, cette année, à travers une ligue virtuelle qui en fera plus qu’un divertissement.

Pour le plaisir, pour les streams, ou pour le travail, jouer est devenu plus qu’un loisir. R I O est streamer depuis plus de quatre ans. Parti d’une vidéo tuto sur le jeu PUBG (un jeu de tir en battle royale qui oppose 100 joueurs les uns contre les autres jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un, N.D.L.R.) R I O a gagné en notoriété auprès de la communauté de gamers. Il a créé sa page en 2019, après une vidéo sur les ajustements possibles dans le jeu mobile. Son but ultime et l’essence de cette initiative, restent le partage avec les joueurs malgaches. Malgré son titre de champion d’Analamanga en NBA en 2016, R I O entretient une connexion avec le grand public malgache. « Je n’entre pas dans tout ce qui est compétition, car l’idée derrière la page est surtout de partager avec les autres membres de la communauté ». Mais la limite n’est pas tant dans le divertissement, R I O a trouvé le moyen de rentabiliser ses moments à l’écran.

Depuis près de deux mois, il a décidé de fonder une ligue virtuelle de basketball, la 2RK ligue sur la NBA 2024 à travers sa société : la RIO Corporation. Le concept, simple, mais innovateur, permet d’apporter de la valeur aux moments à la manette : il suffit d’acheter une équipe NBA et de revendre un joueur ou l’équipe aux autres joueurs. R I O explique : « C’est comme dans la vraie vie, où une équipe décide de prendre un joueur, et de payer la somme qu’il faut. La différence, ici, est que c’est virtuel. » Actuel président de la 2RK ligue sur la NBA, il en promeut les activités par une communication infaillible sur sa page. « L’idée derrière la création de cette ligue virtuelle est en partie de créer des emplois relatifs aux jeux vidéo : du graphiste, aux joueurs entre eux, chacun peut transformer ces temps de jeux en une valeur monétaire. » Pendant trois mois, l’équipe de RIO Corporation, dirigé par R I O lui-même, organisera des tournois, pour en avoir des champions, mais aussi un investissement des joueurs dans leurs basketteurs, le tout dans un réalisme proche du virtuel. Le prochain défi de l’équipe, pour la suite, sera de créer une ligue virtuelle sur le football.

Là où le réalisme touche, c’est dans la valeur du streaming à Madagascar. R I O rregrette un marché du travail peu propice à la passion. « Pour lancer mon projet, j’ai dû essuyer plusieurs refus de la part des partenaires, et cela m’a marqué. C’est la raison pour laquelle je ne veux plus vraiment dépendre de cela, et utiliser mes propres moyens pour faire marcher la ligue. » Du divertissement au travail, R I O est un nom reconnu, surtout pour sa volonté de venir en aide aux jeunes passionnés motivés. « La société RIO Corporation s’est proposée pour être le partenaire de Yondaime – Andry – top un du jeu Tekken à Madagascar, pour lui donner les moyens et le pousser à évoluer. » Dans ses actions, R I O veut ouvrir les portes du divertissement virtuel, pour ne pas voir les jeunes joueurs prometteurs ranger leur manette et oublier cette passion. « Je travaille énormément pour que d’ici deux ans au maximum, les gens voient le gaming comme un vrai travail. » R I O veut prouver par son engagement qu’il est possible de créer de la valeur en trouvant un concept différent, sans pour autant prier sur les modèles étrangers, mais en voulant porter haut le nom du pays.

Propos recueillis par  Rova Andriantsileferintsoa

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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