Nonoh Ramaro : Il décantait
13 septembre 2026 // Arts Plastiques // 47 vues // Nc : 200

Trente-cinq ans de carrière, d'innombrables expositions au tableau à Madagascar comme à l'étranger — Nonoh Ramaro n'est plus à présenter. Pourtant, ces dernières années, l'artiste s'était fait discret, presque invisible. En juillet, il est ressorti de l'ombre. Et il revient avec des couleurs.

Près d'une décennie sans exposition. Pas d'absence de création — plutôt une retraite intérieure, un temps de maturation, ce que les plasticiens appellent parfois le retrait du monde visible pour mieux nourrir le monde intérieur. Landry Richard Ramaroniaina, alias Nonoh, a mis ce silence à profit pour explorer, observer, laisser décanter. « C'est en voyant d'autres artistes exposer que l'envie est revenue, vive et urgente », confie-t-il avec émotion. Le 31 juillet, à l'ADMC CRAAM Ankatso, il signe son retour avec « Ako (stika) », une exposition inspirée du Hira Gasy et du patrimoine culturel malgache. Pas un simple comeback — une respiration.

Autodidacte, ancien danseur et chorégraphe, disciple du peintre Richard Razafindrakoto qui lui a révélé que la couleur peut exprimer un univers intérieur presque spirituel, Nonoh a construit un style immédiatement reconnaissable. Ses toiles ne se donnent pas d'emblée — elles s'ouvrent, comme des portes. Les éclaboussures, les couleurs projetées, les gestes spontanés qui ressemblent à des arrêts sur image d'une chorégraphie — tout ça, c'est sa signature.

« Chaque point a un sens. Rien n'est posé au hasard », affirme le plasticien. Aquarelle, acrylique, huile, dessin — les techniques changent, mais la logique reste la même. Faire parler la matière plutôt que la contrôler.

L'inspiration, lui, n'a plus besoin de la chercher. « Après 35 ans d'expérience, elle est déjà en moi. Même en mangeant, une idée peut surgir », dit-il, sans fausse modestie. La femme, les scènes du quotidien, les émotions humaines — voilà ses sujets de prédilection. Et l'avenir ? Un laboratoire artistique où les jeunes pourraient apprendre le dessin, la peinture, découvrir leur propre langage créatif. Un nouveau projet d'envergure se prépare aussi pour cette année. Nonoh Ramaro avance — avec passion, et un regard lucide sur un milieu dont il surveille les dérives avec une inquiétude à peine dissimulée. Parce que pour lui, une œuvre ne sert pas qu'à être admirée. Elle apaiser, relie, continue de vivre dans les yeux de ceux qui la regardent.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 033 61 756 51
Photos : Andry Randrianarisoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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