Maminiaina Rasoamanana
1 mai 2021 // Arts Plastiques // 6545 vues // Nc : 136

« Mes œuvres sont considérablement inspirées par la musique, la culture et la nature. » À la fois peintre et photographe, Maminiaina Rasoamanana a présenté sa première exposition au mois de février dernier intitulée « Miharih’Art » à la Maison d’art à Antaninandro. Une dizaine de toiles représentées par différentes techniques telles que le collage, la sculpture, le pouring réalisées sur différents supports. « Je me laisse emporter par la créativité en utilisant plusieurs médiums et surtout le recyclage qui est un aspect important de ma personnalité artistique : les vieilles pièces d’argent, les sacs de jute, les chutes de bois précieux, les cartons… Le but étant de contribuer à la conscientisation de l’humain à la valeur de la biodiversité. »

Autodidacte, il baigne dans le domaine artistique depuis les années 2000 et devient également photographe. Il choisit un tirage exclusivement en noir et blanc pour aller à l’essentiel. Il ne se limite à aucun style particulier mais capture des scènes qui le touche peu importe les sujets. En ce moment, il prépare sa prochaine exposition photographique prévue au mois de juillet.

Native du Grand Sud
Un tableau qui montre la beauté des femmes du Sud parées de bijoux en argent orné de pierres précieuses et bois précieux.
Un biais pour montrer la richesse de nos ressources naturelles et notreidentité culturelle (Huile sur toile en « Soga » encadrée 80 x 100).

Ingahy Ndriana
Ce tableau représente un personnage qui a réussi financièrement.
C'est le Richard dans la société malgache, un personnage généreux et respecté : « Mamy hoditra » (Sculpture sur toile, collage de billet d'argent et bombe spray 50 x 50).

Amboditandroha
Un endroit qui a du charme, village de pêcheurs bordant le canal des Pangalanes.
Une petite escale obligatoire au décor dépaysant (2019).


Propos recueillis par  Aina Zo Raberanto

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Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

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