Maminiaina Rasoamanana
1 mai 2021 // Arts Plastiques // 4866 vues // Nc : 136

« Mes œuvres sont considérablement inspirées par la musique, la culture et la nature. » À la fois peintre et photographe, Maminiaina Rasoamanana a présenté sa première exposition au mois de février dernier intitulée « Miharih’Art » à la Maison d’art à Antaninandro. Une dizaine de toiles représentées par différentes techniques telles que le collage, la sculpture, le pouring réalisées sur différents supports. « Je me laisse emporter par la créativité en utilisant plusieurs médiums et surtout le recyclage qui est un aspect important de ma personnalité artistique : les vieilles pièces d’argent, les sacs de jute, les chutes de bois précieux, les cartons… Le but étant de contribuer à la conscientisation de l’humain à la valeur de la biodiversité. »

Autodidacte, il baigne dans le domaine artistique depuis les années 2000 et devient également photographe. Il choisit un tirage exclusivement en noir et blanc pour aller à l’essentiel. Il ne se limite à aucun style particulier mais capture des scènes qui le touche peu importe les sujets. En ce moment, il prépare sa prochaine exposition photographique prévue au mois de juillet.

Native du Grand Sud
Un tableau qui montre la beauté des femmes du Sud parées de bijoux en argent orné de pierres précieuses et bois précieux.
Un biais pour montrer la richesse de nos ressources naturelles et notreidentité culturelle (Huile sur toile en « Soga » encadrée 80 x 100).

Ingahy Ndriana
Ce tableau représente un personnage qui a réussi financièrement.
C'est le Richard dans la société malgache, un personnage généreux et respecté : « Mamy hoditra » (Sculpture sur toile, collage de billet d'argent et bombe spray 50 x 50).

Amboditandroha
Un endroit qui a du charme, village de pêcheurs bordant le canal des Pangalanes.
Une petite escale obligatoire au décor dépaysant (2019).


Propos recueillis par  Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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