Maminiaina Rasoamanana
1 mai 2021 // Arts Plastiques // 6422 vues // Nc : 136

« Mes œuvres sont considérablement inspirées par la musique, la culture et la nature. » À la fois peintre et photographe, Maminiaina Rasoamanana a présenté sa première exposition au mois de février dernier intitulée « Miharih’Art » à la Maison d’art à Antaninandro. Une dizaine de toiles représentées par différentes techniques telles que le collage, la sculpture, le pouring réalisées sur différents supports. « Je me laisse emporter par la créativité en utilisant plusieurs médiums et surtout le recyclage qui est un aspect important de ma personnalité artistique : les vieilles pièces d’argent, les sacs de jute, les chutes de bois précieux, les cartons… Le but étant de contribuer à la conscientisation de l’humain à la valeur de la biodiversité. »

Autodidacte, il baigne dans le domaine artistique depuis les années 2000 et devient également photographe. Il choisit un tirage exclusivement en noir et blanc pour aller à l’essentiel. Il ne se limite à aucun style particulier mais capture des scènes qui le touche peu importe les sujets. En ce moment, il prépare sa prochaine exposition photographique prévue au mois de juillet.

Native du Grand Sud
Un tableau qui montre la beauté des femmes du Sud parées de bijoux en argent orné de pierres précieuses et bois précieux.
Un biais pour montrer la richesse de nos ressources naturelles et notreidentité culturelle (Huile sur toile en « Soga » encadrée 80 x 100).

Ingahy Ndriana
Ce tableau représente un personnage qui a réussi financièrement.
C'est le Richard dans la société malgache, un personnage généreux et respecté : « Mamy hoditra » (Sculpture sur toile, collage de billet d'argent et bombe spray 50 x 50).

Amboditandroha
Un endroit qui a du charme, village de pêcheurs bordant le canal des Pangalanes.
Une petite escale obligatoire au décor dépaysant (2019).


Propos recueillis par  Aina Zo Raberanto

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Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

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