Maminiaina Rasoamanana
1 mai 2021 // Arts Plastiques // 5761 vues // Nc : 136

« Mes œuvres sont considérablement inspirées par la musique, la culture et la nature. » À la fois peintre et photographe, Maminiaina Rasoamanana a présenté sa première exposition au mois de février dernier intitulée « Miharih’Art » à la Maison d’art à Antaninandro. Une dizaine de toiles représentées par différentes techniques telles que le collage, la sculpture, le pouring réalisées sur différents supports. « Je me laisse emporter par la créativité en utilisant plusieurs médiums et surtout le recyclage qui est un aspect important de ma personnalité artistique : les vieilles pièces d’argent, les sacs de jute, les chutes de bois précieux, les cartons… Le but étant de contribuer à la conscientisation de l’humain à la valeur de la biodiversité. »

Autodidacte, il baigne dans le domaine artistique depuis les années 2000 et devient également photographe. Il choisit un tirage exclusivement en noir et blanc pour aller à l’essentiel. Il ne se limite à aucun style particulier mais capture des scènes qui le touche peu importe les sujets. En ce moment, il prépare sa prochaine exposition photographique prévue au mois de juillet.

Native du Grand Sud
Un tableau qui montre la beauté des femmes du Sud parées de bijoux en argent orné de pierres précieuses et bois précieux.
Un biais pour montrer la richesse de nos ressources naturelles et notreidentité culturelle (Huile sur toile en « Soga » encadrée 80 x 100).

Ingahy Ndriana
Ce tableau représente un personnage qui a réussi financièrement.
C'est le Richard dans la société malgache, un personnage généreux et respecté : « Mamy hoditra » (Sculpture sur toile, collage de billet d'argent et bombe spray 50 x 50).

Amboditandroha
Un endroit qui a du charme, village de pêcheurs bordant le canal des Pangalanes.
Une petite escale obligatoire au décor dépaysant (2019).


Propos recueillis par  Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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