Malagasy Design Bonsaï : La taille ne compte pas
28 juillet 2026 // Déco // 1613 vues // Nc : 198

Aviavy, amontana, nonoka, palissandre, pin, grenadier, agrumes ou cerisier de Cayenne — à Talatamaty, plus de 300 arbres de ces essences racontent une histoire de patience et de maîtrise du temps. Derrière ces créations, Tantelioh Niaina Andriahiarimalala et Gabrielle Raveloarinanja, fondateurs de Malagasy Design Bonsaï, qui développent depuis 2015 une approche où design, paysagisme et philosophie du vivant se rejoignent.

Né en Chine avant d'être codifié et perfectionné au Japon, le bonsaï signifie littéralement « arbre en pot ». Bien plus qu'un objet décoratif, cet art repose sur une vision philosophique influencée par le bouddhisme et le shintoïsme — il ne s'agit pas de créer un arbre nain, mais de condenser en miniature la force et la sagesse d'un arbre ancien façonné par le temps. « Le bonsaï est avant tout un art vivant », explique Tantelioh Niaina. « Il est devenu une philosophie basée sur la patience, l'observation et l'harmonie avec la nature. » Ce qui distingue pourtant le duo de Talatamaty, c'est qu'ils ne suivent pas à la lettre les codes stricts des écoles traditionnelles. Ils inventent, laissent leur créativité guider le geste — une liberté presque insolente dans un art réputé pour sa rigueur millénaire.

Qu'il provienne d'une graine, d'une bouture, d'un marcottage ou d'un yamadori — un jeune arbre prélevé dans la nature —, chaque sujet exige un travail précis : la taille des racines limite son développement, les coupes successives sculptent sa silhouette, jusqu'à donner l'illusion d'un arbre centenaire enfermé dans un pot de céramique. Le palissandre est devenu leur signature, sa structure naturelle produisant déjà ces formes en nuage tant recherchées dans l'art du bonsaï — un coup de pouce que la nature malgache leur offre presque sur un plateau. « Nous cherchons avant tout à révéler la beauté naturelle de l'arbre », précise Gabrielle. Certaines pièces intègrent des maisons traditionnelles malgaches ou des maquettes du Rovan'Ambohimanga, transformant chaque création en véritable scène vivante, où le végétal dialogue avec le patrimoine architectural.

La clientèle, elle, est aussi variée que les essences cultivées : amateurs de plantes, collectionneurs, professionnels en quête d'une touche végétale pour leurs intérieurs. Les hommes restent majoritaires parmi les acheteurs, séduits par la discipline que demande cet art autant que par le suivi de l'arbre sur plusieurs années — une relation qui tient presque du compagnonnage. « Cinq minutes d'attention par jour suffisent », souligne Tantelioh Niaina. « Observer son bonsaï, c'est apprendre à ralentir. »

Les créations démarrent à 100 000 ariary et peuvent atteindre 5 millions pour les pièces les plus rares. Un nouveau projet se dessine déjà : le « Jardin du Bonheur », espace dédié à la méditation et au yoga — la prochaine étape logique pour deux passionnés qui ont fait du temps leur principal matériau.

Lucas Rahajaniaina

Contact Facebook : Malagasy Desing Bonsai
Photos : Andry Randrianarisoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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