Mahyen Lesy : L’humour est dans le pré
13 décembre 2025 // Influenceur du mois // 6685 vues // Nc : 191

Avec ses personnages taillés dans la terre rouge du Vakinankaratra, Mahyen Lesy III offre à ses abonnés un humour qui ne se prend pas au sérieux mais qui, curieusement, dit vrai. Une maison à Antsirabe, quelques imperfections volontaires, et soudain, la campagne renaît sous nos yeux.

©photo : Mahyen Lesy III
©photo : Mahyen Lesy III

Il suffit de faire défiler sa page Facebook pour sentir une bouffée d’air du Vakinankaratra — ce vent un peu froid, un peu sucré, qui porte l’odeur de la terre retournée et du lait chaud. Depuis un an, Mahyen Lesy III s’est donné pour mission — volontaire ou pas, le débat reste ouvert — de rappeler au monde que la campagne n’a rien de ringard. Elle a même un humour. Un humour solide, enraciné, qui ne s’excuse pas.

Ce qui frappe, avant même la première chute, c’est la simplicité. Les scènes sont tournées chez lui, à Antsirabe, dans cette maison où l’on devine presque la bouilloire qui chante au fond. Alors que d’autres créateurs dégainent caméras hors de prix, micros invisibles et lumières qui donnent l’impression de tourner un clip, Mahyen arrive avec… presque rien. Une équipe minuscule, des images qui tremblent un peu, des blancs, des imperfections. « Justement », glisse-t-il. Ces défauts font le charme : le côté « paysan », artisanal, assumé jusqu’au bout des rizières.

Et le public adore. Parce qu’il ne joue pas la campagne : il l’habite. Au propre comme au figuré. Le dialecte du Vakinankaratra, les expressions qu’on n’entend plus trop en ville, ces intonations qui rappellent les zébus rentrant du champ… Tout y est. « Plus Vakinankaratra que lui, t’es mort », rigolent ses fans. Robe de grand-mère, fichu sur la tête, il devient « mama », la mère de Mahenina — l’autre personnage qu’il incarne. Deux rôles, une même sincérité. Avant cela, il imitait Christophe Rabearimanana ou Vanintsoa, revisitant leurs voix dans des situations improbables. C’est ainsi qu’il s’est fait connaître. Aujourd’hui, il pousse plus loin. « Si quelqu’un d’ailleurs le faisait, ce serait choquant. Mais moi, je suis d’ici. Donc si je me moque… je me moque de moi-même », explique-t-il avec ce sourire qu’on devine très bien, même hors caméra.

Aucun sujet n’est tabou, tant que la dignité des gens est intacte. « On peut rire de tout, du moment qu’on ne médit personne », chuchote-t-il. Dans un épisode devenu culte, il imagine l’Annonciation… version Vakinankaratra. L’archange Gabriel qui parle comme un marchand du marché d’Asabotsy, comment ne pas rire ? Pour l’instant, deux personnages phares seulement. Mais « d’autres arrivent », promet-il. 2026 pourrait bien voir éclore une petite troupe. On ne demande qu’à suivre.

Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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