C’est du Joely « Je préfère toujours jouer quelqu’un d’autre »
22 avril 2024 // Influenceur du mois // 5445 vues // Nc : 171

Seheno sy Rondro, Charline mpanera, Joely Kely, pour ne citer qu’eux, quel facebookeur ne les connaît pas ? Ils plaisent à beaucoup de monde, « na ny mahantra na ny mpanankarena » (les pauvres comme les roches) comme dirait Andrianina Rajoelisoa ou Joely, le comédien derrière ces personnages.

Comment naissent ces personnages ?
Je les crée à partir de mes souvenirs, des personnes rencontrées ou aperçues de près ou de loin dans ma vie. J’ai toujours été très peu bavard mais très bon observateur. J’aime un peu moins écouter aujourd’hui mais quand j’étais petit, j’adorais observer les adultes et les écouter. Ce n’est pas du voyeurisme je vous rassure. Et donc tous les profils sont comme déjà stockés dans mon subconscient, ce qui fait que ça devient assez facile de les reproduire.
Et bien sûr comme pour tout comédien, les accessoires, les maquillages, les filtres aident beaucoup à rentrer dans les personnages. Je suis fasciné par le transformisme dans les films et le monde du spectacle. On peut devenir qui on veut grâce à un tas d’artifices fantastiques. Je trouve ça magique, j’ai beaucoup de mal à jouer mon propre rôle, je préfère toujours jouer quelqu’un d’autre.

Le rire pour faire réflechir ?
Ça va être très prétentieux mais je trouve que mon humour est assez authentique. Il est absurde mais vrai, totalement décalé mais sans fausse note, recherché mais simpliste. Il est parfois cru mais toujours tendre. Et par-dessus tout, il est toujours bienveillant. Bon, il est parfois noir mais toujours bon enfant. Et surtout, il y a de moi dans tous mes personnages. Je pense que mes abonnées le ressentent, ils ressentent ce moi (mes valeurs, mes principes, mes intentions, mes engagements, mes convictions) dans chacun de mes personnages, aussi bien incarné soit-il et aussi décalé soit-il, et ça c’est l’identité. J’essaie de véhiculer le plus de messages positifs. J’introduis toujours subtilement mes valeurs et mes engagements, comme le féminisme par exemple. Au-delà du rire et du divertissement, il faut toujours un message, aussi subtil soit-il.

Ils sont aussi très…Malgaches ?
Je n’ai jamais pu couper le cordon avec la Grande Ile malgré le fait que j’en suis parti. Et vu que pour l’instant mon public est exclusivement malgache, je dois rester à l’affut de la vie des Malgaches, je dois entretenir le lien avec Madagascar. Parfois, j’ai l’impression d’être à Antananarivo, tellement je me sens proche de mes abonnées et de ce qu’ils vivent et ressentent. D’ailleurs, quand j’ai commencé à faire des vidéos en 2020, c’était pour moi une vraie thérapie, pour me reconnecter avec tout ce que j’avais quitté du jour au lendemain. Je suis profondément tananarivien, et malgré tous mes dénis, mon départ a été violent et douloureux. Et les vidéos, le fait de m’être rapprocher des miens a été une véritable chance de me retrouver et de me redécouvrir par la suite.

Les projets sur écran et sur scène ?
Pour la suite, un petit million de followers ça ne me ferait pas chier (rires), et puis j’aimerais aussi conquérir d’autres publics, les Français, les Anglais, et j’ai une grosse très grosse envie de faire du cinéma. Mon deuxième spectacle, ce sera le 4 mai au Théâtre Traversière à Paris. Je l’ai appelé « MBOLA MIJORO » (Encore Debout) en référence au stand up et au fait que je suis encore debout malgré toutes les merdes. Je reviens sur scène après deux ans uniquement derrière les écrans, et je pense que ça va me faire beaucoup de bien, et aussi au public qui y sera. Pour un spectacle à Mada ? Mayyyybee !

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina
Facebook : C’est du Joely
Instagram: Joely

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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