Madagascar Biodiversity Center : Se nourrir et conserver
16 janvier 2026 // Nature // 1278 vues // Nc : 192

Le Black Soldier Fly (BSF) revient dans Le No Comment Magazine avec une approche conservatrice et salvatrice. L’organisation non gouvernementale Madagascar Biodiversity Center, centre de recherche sur les insectes présent depuis 2004, a utilisé l’élevage de ces larves non seulement pour préserver l’environnement et l’élevage, mais aussi pour lutter contre la malnutrition.

Face aux défis de la conservation et de la lutte contre la malnutrition, il y a les insectes. Madagascar Biodiversity Center a commencé par la recherche sur ces petits êtres et l’idée selon laquelle « si on les découvre, peut-être qu’on pourra les protéger », dixit Brian Fisher, fondateur de l’ONG. En 2017, ce dernier change de stratégie en voyant que l’approche ne lui a pas permis de sauver les arbres. Il lance un programme de monitoring – d’inventaire et de suivi des insectes – et un plan pour attaquer un autre problème, la malnutrition. « On ne peut pas sauver la forêt si les gens autour manquent de fer. » À partir de ce moment, le défi de l'organisation est de nourrir la terre, les animaux et l’homme à travers une technique d’élevage de larves de mouches BSF.

Cette initiative s’appelle « Small Farms ». L’organisation promeut et apprend à de petits exploitants une manière d’élever les insectes afin de restaurer le sol, d'assurer la conservation de la biodiversité et la sécurité alimentaire. Cédrique Solofondranohetra, directrice de Small Farms, explique : « Via l’élevage d’insectes, notamment le BSF, une mouche qui produit des larves riches en protéines et en lipides, l’on peut nourrir les animaux d’élevage comme les volailles et les poissons, mais aussi obtenir un engrais organique accessible et assez riche pour améliorer la production agricole en général. » Cette approche assure tout aussi bien une bonne gestion de déchets, le BSF se nourrissant de déchets organiques, qu’une réduction de la pression humaine sur la biodiversité grâce à cette alternative de nutrition.

« Dans l’histoire, 70 pour cent des Malgaches mangent des insectes », rapporte Brian Fisher. L’équipe partage aussi bien des recettes, car du BSF sauce, frit, ou en beignet est composé de protéines, de calcium, de lipides, de phosphore, de méthionine et de lysine. Accompagnés de riz ou de manioc, ces éléments permettent de pallier le manque. « La philosophie est aussi que les Small Farms sont une vision d’avenir pour que les petits exploitants deviennent autonomes. L’initiative a deux échelles, la première, d’urgence alimentaire, et la seconde, de l’ordre de l'autonomie », rappelle Sylvain Hugel, chercheur à l’organisation. Au moment de l’interview, Madagascar Biodiversity Center comptait 247 fermes à Anivorano Nord, à Farafangana – leur tout premier site –, à Fenerive Est et bientôt d'autres à Itampolo, des zones côtières au climat idéal à l’élevage du BSF. Sur le long terme, il est prévu d’étendre ce chiffre à 10 000 fermes et des milliers de Malgaches autonomes.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact: info@madagascarbio.org / madagascarbio.org

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Cinéma : Hary Joël rallume l’écran avec Anjiro

Lire

2 mars 2026

Cinéma : Hary Joël rallume l’écran avec Anjiro

Couronné Zébu d’or lors de la 20ᵉ édition du Madagascourt Film Festival, The Anjiro de Andriaminosoa Hary Joël Rakotovelo s’est distingué par un unive...

Edito
no comment - Prêt à offrir

Lire le magazine

Prêt à offrir

Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

"Taom-baovao" de l'IFM

"Taom-baovao" de l'IFM, le samedi 24 janvier

no comment - "Taom-baovao" de l'IFM

Voir