Neo Klassic : Retour aux sources
1 décembre 2021 // Musique // 11792 vues // Nc : 143

Avec leur premier album franco-malgache, le groupe Neo Klassic nous ramène vers les racines du rap. Pour résumer, des textes conscients, du punch et du bon son qui feront plaisir aux puristes.

C’est un trio qui compte remettre le rap au goût du jour avec leur premier album franco-malgache intitulé « Accuser » qui sortira le 15 décembre prochain sur toutes les plateformes de streaming en collaboration avec un distributeur en France. Oui, cet opus est sûrement le premier projet de rap à être produit entièrement à Madagascar mais qui attaquera le marché français. « Nous n’avons pas d’industrie musicale et le rap malgache reste limité au niveau des moyens. Il y a du bon rap au pays mais au niveau de la qualité notamment audio, il y a un souci. Avec ce projet, nous avons mis le paquet sur les mix, le mastering pour ne pas être recalé sur le marché extérieur » explique Kaz, un des membres fondateurs du groupe et MC. (Maître de Cérémonie)

Depuis un an, le groupe Neo Klassic composé de Kaz, Aken, également MC, ingénieur du son et beatmaker et DJ HMan ont travaillé sur le projet même si au début ils ne savaient pas trop comment ça allait se terminer. « Nous avons monté le projet avec Kaz mais il nous manquait quelque chose. On a fait la liste des DJs parmi lesquels HMan dont le style correspondait à ce qu’on cherchait. Nous avons enregistré un titre HSF (Histoire Sans Fin) parce qu’on ne savait pas où tout ça allait nous mener » précise Aken. Mais comme la passion du rap et de la musique est plus forte, ils ont décidé de produire ce premier album basé sur le neo rap et le classique, car il faut l’avouer, ils ne sont plus très jeunes. Avec plus de 20 ans d’expériences, chacun raconte une part de son vécu surtout dans le titre Accuser en mettant un focus sur les clichés du rap. « Kaz raconte l’image du rappeur gangster, la consommation de produits illicites… Moi j’aborde plutôt la façon dont les gens nous perçoivent. Quand tu es en jean baggy et même avec un Bacc+5, personne ne va t’embaucher. Ce sont des choses que nous avons vécues. Quant à HMan, il apporte ce son classique du rap des années 97 ou 2000 avec les scratchs qui sont d’ailleurs sa signature. Nous pensons que c’est un album qui pourra toucher un large public. »

D’ailleurs le groupe espère que la sortie de cet opus permettra aux investisseurs de miser un peu plus sur le rap. « Nous faisons du rap par amour mais bien sûr, on recherche de la rentabilité. Malheureusement, les investisseurs ne veulent pas investir dans la musique urbaine à Madagascar alors que ce ne sont pas les idées qui manquent » lance Aken. Pour Kaz, il faut aussi éduquer le public à consommer. « Quand on affiche un billet d’entrée dans les concerts, finalement, peu de gens veulent payer. Rien n’est gratuit ! » Malgré tout, le rap reste pour eux un moyen de s’exprimer et de dénoncer les dérives de la société. Il est possible d’éduquer sans être moralisateur. « Je prends ma plume comme une arme » précise Kaz. « Je lâche des punch en restant dans le politiquement correct. J’ai fait des études en Sciences Politiques, j’aurais pu être à la place de celui que je dénonce mais j’ai choisi le rap. Et je maîtrise à la fois la langue officielle et les dialectes régionaux que j’intègre dans les textes. »  En gros, cet album est une petite pépite pour les nostalgiques du hip hop des années 1990-2000.  


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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