Feon'Ala : Le son de tes tontons
13 juin 2026 // Musique // 5682 vues // Nc : 197

Cinquante ans de scène, quatre générations de chanteuses, quelques longues pauses — et des tubes que les ados d'aujourd'hui chantent encore sans savoir d'où ils viennent. Feon'Ala n'est pas un groupe qui revient. C'est un groupe qui n'est jamais vraiment parti.

Photos fournies par Feon’ala

Betina. Hôsin'i Gasikara. Il suffit d'en fredonner les premières mesures dans une réunion de famille pour voir les quadragénaires se redresser sur leur chaise. Certains classiques ont ce pouvoir étrange — traverser les décennies sans prendre une ride, s'incruster dans la mémoire collective comme si la radio ne les avait jamais arrêtés. Feon'Ala, c'est ça. Une bande-son qui dure. L'histoire commence en 1975. Charles Maurin Poty fonde le groupe avec une vision claire : des harmonies vocales impeccables, des chorégraphies qui marquent les esprits, une présence scénique qui capte et retient. Jackie, puis Cynthia dans les années 2000 — chaque époque a eu sa voix, sa couleur, son rapport au répertoire. Le groupe a connu des stand-by, certains de plusieurs années. Mais il a toujours su reprendre son souffle.

Aujourd'hui, c'est Misa — fille du fondateur — et Nasandratra qui tiennent le flambeau. Héritière littérale autant qu'artistique, Misa a grandi dans le groupe avant même d'en faire partie : « Mon père l'a fondé et ma mère faisait partie des premières chanteuses. J'ai grandi dedans depuis toute petite », se souvient-elle.

Pour Nasandratra, l'attachement est venu après. « Je ne connaissais pas Feon'Ala à la base, mais je suis très attachée aux chansons aujourd'hui. Ce qui m'inspire, ce sont les chorégraphies, leur façon d'entrer sur scène — elles savent faire monter l'attente du public. Phénoménal », s’exclame cette dernière.

Le chantier est double. D'un côté, revisiter les classiques — les « arranger », comme dit Misa, pour les rendre compatibles avec les plateformes actuelles sans les trahir. De l'autre, créer du neuf, en s'inspirant des textes du père. « Mon père, Daddy — notre ingénieur du son — et moi travaillons ensemble. Chacun a ses idées, on essaie plein de choses et on garde ce qui match », explique la fille de Poty. Le fil rouge, lui, ne change pas : l'amour sous toutes ses formes. « S'aimer soi-même, prendre soin de soi, de son avenir, mais aussi de l'environnement et de la vie en général », précis-t-elle. Un album de dix titres est en préparation — classiques revisités et créations inédites mélangés. Des concerts sont prévus à Madagascar et en France. Et en point d'orgue : une grande célébration des cinquante ans de carrière de Charles Maurin Poty, réunissant artistes historiques et nouvelles têtes. Le fondateur sortira lui-même un album solo, avec les musiques qui l'ont fait connaître avant Feon'Ala. Les fans de longue date, eux, sont déjà là. « Ça leur rappelle leur jeunesse, on sent leur engouement », glisse Misa. Reste à conquérir les autres — ceux qui ne connaissent pas encore, ou qui croyaient connaître.

Lucas Rahajaniaina

Contact facebook : Feon’ala

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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