Adric : Afro made in Mada
13 juin 2026 // Musique // 3608 vues // Nc : 197

Originaire de la région SAVA, Adric — de son vrai nom Harimanana Kenny — incarne une nouvelle vague afrobeat malagasy, entre influences nigérianes et identité locale assumée. Avec Ninao, son deuxième single, il s’invite déjà dans les playlists des jeunes et s’impose comme une voix émergente à suivre.

Il a 19 ans à peine, et déjà ses refrains tournent en boucle — dans les taxis-brousse, sur les téléphones, dans ces radios locales qui flairent parfois les évidences avant tout le monde. Avec le titre Ninao, Adric s’installe doucement, mais sûrement, dans les hit-parades. Musicalement, ce morceau s’inscrit dans un afrobeat contemporain, épurée, presque minimaliste — une production qui laisse respirer la voix, dans la lignée de certains titres de Joeboy ou Davido. Mais derrière cette fluidité, il y a une intention claire. « Je voulais quelque chose de sincère. Parler d’amour sans détour », confie Adric. Le morceau mêle malgache et anglais, porté par un refrain entêtant — “I need you every time, I need you every day” — qui dépasse facilement les frontières.

Avant la musique, pourtant, il y a eu la danse. Une école du corps, du rythme, du regard. Puis la débrouille : à 13 ans, il compose et enregistre avec un simple téléphone. « Je n’avais rien, mais j’avais envie de créer », dit-il. Une phrase qu’on a déjà entendue mille fois — mais qui, chez lui, sonne encore juste. Le vrai tournant arrive en 2025, lorsqu’il rejoint Bency Production, un label qui avait déjà révélé Lima. Changement d’échelle immédiat. Autour de lui, une équipe se structure, entre beatmakers africains, réalisation visuelle et ingénierie du son. L’objectif est clair : inscrire sa musique dans les standards afro actuels, sans perdre son ancrage. Et c’est peut-être là que tout se joue. Entre Nosy Be et Lagos, entre instinct et stratégie. « Je veux représenter la jeunesse malgache, montrer qu’on peut partir de peu et aller loin », affirme-t-il. La suite est déjà en marche. D’autres titres arrivent, plus rythmés, plus ambitieux. Comme si Adric, morceau après morceau, cherchait moins à suivre une tendance qu’à s’y inscrire durablement.

Et déjà, l’horizon s’élargit. 2026 s’annonce comme une année charnière, presque un laboratoire à ciel ouvert. Adric prépare une série de sorties aux sonorités afrobeats plus affirmées, nourries des tendances actuelles venues du Nigeria, du Ghana ou d’Afrique du Sud, mais toujours traversées par une identité malgache qu’il ne négocie pas. Les prochains titres promettent plus de rythme, plus de danse, des mélodies qui accrochent sans demander la permission. « Je veux que ça bouge, que ça vive », glisse-t-il. Derrière cette montée en puissance, une ambition claire : faire circuler sa musique bien au-delà des frontières — et, chemin faisant, installer son nom parmi ceux qui comptent.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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