Bandy Baraka Big Band : Révolution des cuivres
2 août 2026 // Musique // 3121 vues // Nc : 199

À Antananarivo, un big band est né. Bandy Baraka Big Band s'est fait connaître du grand public grâce à son concert ambulant Mizara fifaliana — un spectacle de rue tenu chaque année avant Noël, où les musiciens jouent sur le plateau d'un camion sillonnant les quartiers populeux de la capitale. Une entrée en scène aussi improbable qu'efficace pour un genre musical souvent perçu comme élitiste.

Un big band, pour ceux qui ne l'ont pas encore croisé, c'est une formation jazz structurée autour d'un standard bien défini — cinq saxophones, quatre trombones, quatre trompettes, et une section rythmique composée de piano, batterie, guitare et basse. Rien n'y est improvisé au sens littéral — chaque musicien lit une partition écrite préalablement par un arrangeur, chaque section a son rôle millimétré. « Pas de place pour l'improvisation. On lit ce qui est écrit », souligne Mahefa Rakotoarisoa, président du groupe. Ce qui le distingue d'une fanfare ou d'un orchestre symphonique, c'est l'essence même du répertoire — ici, on fait du jazz. « Il y a du swing », s'exclame-t-il. Bandy Baraka dépasse d'ailleurs le standard de référence, avec sept saxophonistes, deux flûtistes et une clarinettiste. Le premier big band de Madagascar, officiellement constitué en 2022, conduit par Seta Ramaroson, enseignant de musique bien connu.

Le nom dit tout. Bandy, parce que le groupe est avant tout une bande de potes qui jouent ensemble depuis longtemps, dans divers événements. Baraka, qui signifie en malgache honneur et fierté — et cette fierté est profondément malgache. Le groupe a commencé par interpréter des standards signés Sinatra ou Bublé, avant de s'attaquer à un territoire plus personnel — la réécriture en big band de grands morceaux de la musique malgache. Rija Ramanantoanina d'abord, dont l'arrangement a été salué lors du concert « L’œuvre de toute une vie » au mois de mai. Puis « Tsy akeo » de Jaojoby, le roi du salegy — un morceau typiquement gasy, rythmé, ancré dans son terroir. « Nous avons gardé les traits distinctifs salegy. La rythmique — percussion et basse — porte le morceau salegy, les autres sections donnent la touche big band », explique Mahefa. La preuve que tous les rythmes sont traduisibles en big band, sans perdre leur âme.

Le groupe répète régulièrement, même sans concert en vue — parce qu'en big band, l'entraînement n'est pas une option. Les morceaux sont classés sur cinq niveaux de difficulté, du plus accessible au plus exigeant. Bandy Baraka joue habituellement au niveau 4. « Nous pouvons jouer du niveau 5, mais ça nécessite un travail encore plus acharné », reconnaît Mahefa. Une rigueur qui se comprend mieux quand on sait que les partitions big band s'achètent entre 50 et 80 dollars le morceau — et que le groupe en écrit désormais lui-même, des arrangements malgaches qu'il espère un jour vendre sur le marché international. « Quand viendra notre tour de vendre nos partitions, les troupes qui vont interpréter nos morceaux vont savoir et comprendre l'âme de la musique malgache », dit-il. Une ambition qui sonne comme une promesse — et comme un deuxième sens au mot baraka.

Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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