Ihoby Rabarijohn : « Chaque exposition invente des nouvelles règles de jeu »
18 août 2024 // Arts Plastiques // 8184 vues // Nc : 175

Ihoby Rabarijohn est curatrice indépendante et Art Advisor. Après avoir collaboré dans plusieurs projets artistiques locaux et à l’extérieur, elle a pu se servir de son amour pour l’art pour défendre une cause qui lui tient à cœur, en initiant l’exposition qui relie Art et Environnement : Antson’ny tontolo miaina (Interpeller le vivant) en 2023. La deuxième édition de cette exposition collective se passera d’ailleurs en septembre de cette année. En attendant cette édition, elle nous présente ici son métier.

Quel est le métier d’un curateur d’art ?
Bien qu’ayant une consonance un peu barbare, je préfère utiliser le terme « curateur d’art » , « curator » et « curating » en anglais, du latin « curare » qui veut dire « s’occuper de » (l’exposition) à la place de « Commissaire d’exposition » qui porte plus pour moi, une connotation autoritaire, voire policière…Le métier de « curator » est donc de penser, réfléchir, concevoir une exposition : le format, la sélection des artistes et / ou des pièces à présenter, l’organisation puis de porter jusqu’au bout le projet (montage, accrochage, décrochage, démontage). En étant le / la responsable de l’exposition, le / la « curator » crée la forme de l’exposition.

Courtesy of Pierrot Men

Quel est votre parcours dans ce domaine ?
C’est un privilège pour moi d’être une curatrice indépendante (Independent Curator) et une Art Advisor, car l’art et la culture ont toujours été une passion, j’ai effectué un long cheminement (études de Littérature et communication, expériences professionnelles dans la culture et le marketing, spécialisation dans le marché de l’art) avant de m’y consacrer entièrement. Mais ce chemin quelque peu atypique m’a toutefois, somme toute mené à l’essentiel.

Quelle est son importance dans l’accompagnement des artistes ?
Le / la « curator » dans sa « rencontre » avec l’artiste qu’il / elle présente, converse avec l’artiste et prend soin à rendre à l’artiste ce qu’il / elle a de meilleur en relayant ses gestes artistiques. La curation de la première exposition solo de FanjaR s’est déroulée dans le ravissement d’une belle complicité basée sur la confiance et des valeurs partagées, un dialogue fort de ce que nous nous apportions mutuellement. En tant que « découvreuse d’artistes » également, il m’est important de prendre soin de la mise en scène pour révéler son travail.

D’ailleurs, comment travaillez-vous avec les artistes ?
Chaque artiste, comme chaque personne est unique et chaque rencontre dans le cadre d’une exposition artistique est enrichissante et porteuse de leçons également ; chaque exposition invente en quelque sorte des nouvelles règles du jeu. Je ne peux concevoir ce travail sans des échanges intenses qui m’ont permis de faire un bout de chemin avec eux ; j’avais décelé les prémices de l’abstraction dans les premiers tableaux plutôt figuratifs de Richianny Ratovo et je l’ai encouragée dans ce sens ; quelques œuvres présentées lors de l’exposition Toy ny Ranomasina au Flow Gallery marque d’ailleurs ce passage important dans sa peinture. C’est toujours un bonheur mêlé d’un sentiment d’accomplissement d’avoir contribué à mettre en lumière les réalisations de ces artistes que j’ai accompagnés.

Quelle marge de liberté pour les curateurs qui travaillent avec les institutions ?
La notion de liberté est importante, d’autant plus qu’on parle de l’art. Afin de pouvoir présenter un travail où on sent l’harmonie, il est cependant évident de s’accorder sur les perspectives et la direction à prendre.

Pour le contexte malgache, pourquoi a-t-on besoin de curateurs d’art ?
L’Art est tout simplement un travail et pour que ça puisse être assimilé comme tel, il faut montrer aussi la professionnalisation dans ce domaine, comme partout ailleurs. Par ailleurs, la sphère de l’art et de la culture ici n’est pas bien grande et il est agréable et instructif d’échanger et quelquefois de collaborer avec les autres acteurs.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

irabarijohn@yahoo.fr

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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