Henri Roussel « Karenjy défend le savoir-faire malgache »
8 février 2020 // Loisirs & J’ai essayé // 6423 vues // Nc : 121

Karenjy est le seul constructeur automobile africain dont les véhicules sont adaptés aux contraintes locales. L’objectif est défendre le « Vita Malagasy » comme le rappelle Henri Roussel, directeur commercial du Relais Madagasikara.

Karenjy, une histoire déjà ancienne ?
Les voitures Karenjy ont été mises au point dans les années 1980, sous la présidence Ratsiraka, par l' Institut malgache de l'innovation (IMI). Plusieurs modèles ont alors été conçus, dont la Mazana I, un 4x4 sur la base d'une R18, et la Lanja, une fourgonnette sur base de Renault Express. Entre 1985 et 1990, une centaine d'unités ont été fabriquées. La production s'est arrêtée en 1993 car l'usine a été mise sous scellée juridique. Karenjy fait maintenant partie du Relais Madagasikara qui est implanté depuis 2008 à Fianarantsoa. Plus de 15 ans après, Le Relais propose un redémarrage de l'activité, tout d'abord en fabriquant les anciens modèles avant de lancer un nouveau projet en 2011, la Mazana II. Il a fallu plusieurs années pour créer un bureau d'étude localement, concevoir, tester, valider et industrialiser ce nouveau produit, ce qui représente un véritable challenge technique et humain car nous partions de zéro. C'est en 2017 que la première Mazana II est commercialisée. Il y a maintenant plus de soixante Mazana II qui sillonnent quotidiennement Madagascar.

Une voiture adaptée aux besoins locaux…
Karenjy est un des seuls constructeurs automobiles africains avec son propre bureau d'étude, ce qui forcément se traduit sur le design et les caractéristiques techniques, avec la volonté de faire un véhicule adapté aux contraintes locales. Par exemple, un châssis renforcé et rehaussé, un moteur tropicalisé, une caisse en composite pour éviter tout risque de corrosion... Le design atypique est avant tout fonctionnel et au service de l'utilisateur. Par exemple, un poste de conduite surélevé avec un capot « plongeant » offrant une très bonne visibilité, le toit « saharien » permet un flux d'air permanent et limite la température dans l'habitacle... La Mazana II est aussi un véhicule hybride entre un utilitaire, un SUV et un pick-up. Son gabarit et son très bon rayon de braquage la rend à l'aise en ville, son moteur 110ch et sa base roulante PSA offrent un confort et tenu de route, et son système 4x4 Dangel et une bonne garde au sol lui donne de très bonne capacité off-road.

La Mazana II est d’ailleurs devenue la Papamobile du Pape François lors de sa visite en septembre dernier ?
Nous avons proposé à la nonciature de fabriquer une Mazana II spécialement à cette occasion. À part le clin d’œil historique, car Karenjy avait déjà fabriqué une papamobile en 1989 lors de la venue du Pape Jean-Paul II, nous trouvions que cela était une occasion de valoriser l'excellence du savoir-faire malgache et je l'espère de contribuer à la fierté du Vita Malagasy. Nous avons ensuite travaillé en collaboration avec la sécurité du Vatican pour respecter le cahier des charges spécifiques et fabriquer dans un délai très court la Mazana II Papamobile ! Je pense aussi que la nonciature a été sensible à l'engagement social de Relais Madagasikara. Membre de l'association Emmaüs France, Le Relais a pour vocation d'aider au développement du pays en proposant prioritairement un emploi aux personnes en situation de grande précarité ou d'exclusion. Elle a une démarche d’entreprise sociale et solidaire et a créé, à ce jour, 500 emplois durables au travers de différentes activités.

Le 8 février prochain, vous organisez un événement autour du Karenjy…
Rouler en Karenjy représente un acte d'engagement pour le développement local et d'adhésion aux valeurs sociales que Le Relais Madagasikara défend. Pour cela, nous voudrions remercier la communauté Karenjy à travers une sortie 4x4 autour de Tana et un afterwork plus festif au no comment® bar à Isoraka. L'occasion de continuer à tisser une relation privilégiée et de proximité avec chacun de nos utilisateurs !

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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