Fidy Manantsoa : Le monsieur qui gesticule
20 septembre 2026 // Métiers & Petits Métiers // 16 vues // Nc : 200

Le droit à l'information est universel — y compris pour les personnes sourdes et malentendantes. C'est là qu'entre en scène Fidy Manantsoa, dont le métier est de traduire en simultané le journal télévisé en langue des signes malgache. Un visage bien connu des téléspectateurs de la TVM, même si peu savent vraiment ce que ce médaillon en bas de l'écran raconte.

Ce petit encart en bas à droite du petit écran, dans lequel un homme gesticule pendant que la présentatrice lit l'actualité — ce n'est pas un bug d'affichage. C'est de l'inclusion en acte. Pendant douze ans, de 2009 à 2021, Fidy Manantsoa a occupé cet espace au JT de midi de la TVM, traduisant l'actualité en direct pour les personnes sourdes et malentendantes. Une discipline qu'on appelle l'interprétariat visuo-gestuel — les yeux remplacent les oreilles, les gestes remplacent le son. « La traduction concerne l'écrit, l'interprétariat relève de l'oral — ou plutôt du visuo-gestuel pour notre cas », précise-t-il. Et comme dans toute langue vivante, la langue des signes a ses propres déclinaisons — malgache, française, anglaise — avec même des dialectes régionaux et des accents selon les communautés. Une richesse que le grand public ignore souvent.

Son aventure commence en 2006, alors qu'il est étudiant en communication à l'Université d'Antananarivo. La dimension anthropologique du langage le passionne. Il côtoie l'Akanin'ny Marenina, enchaîne les formations auprès de la Fédération des Sourds de Madagascar et devient interprète en 2009.

« La langue des signes est une langue à part entière, avec sa propre grammaire, scientifiquement reconnue comme telle depuis des travaux fondateurs parus aux États-Unis en 1960 », explique-t-il avec conviction. Le direct du JT est un exercice particulier — on dispose du conducteur à l'avance, mais les invités VIP qui sortent du cadre, les breaking news qui surgissent, la pression du plateau en temps réel changent vite l'équation. « Il y a l'obligation de neutralité absolue et la fidélité stricte au message — ni plus, ni moins. »

La communauté sourde est aussi un univers foisonnant d'humour visuel, de deaf jokes bien senties et de codes propres — on agite les mains en l'air plutôt qu'applaudir, on utilise des flashs lumineux plutôt que sonner à la porte. « Parfois, les gens me confondent directement avec une personne sourde. On m'aborde en signes dans la rue. On en rit, mais ça prouve à quel point le lien est fort », se réjouit-il. Malgré une charge mentale comparable à celle des interprètes de conférences internationales, la profession reste sous-évaluée — environ 100 000 ariary la demi-journée, soit un tiers du tarif d'un traducteur classique. Fidy n'en a pas fait une raison de ralentir. En 2025, il a lancé l'agence Signe et Inclusion pour former la relève. Parce que signer, c'est bien plus que bouger les mains — c'est faire entendre toute une culture.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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