Jérôme : Quand la musique est bonne !
21 décembre 2023 // Métiers & Petits Métiers // 4804 vues // Nc : 167

Au pied d’un palmier qui borde la route à Antsahavola, Jérôme vend l’expérience d’une écoute d’avant l’avènement du numérique. Un œil attentif remarquera qu’il a placé le premier album de Justin Bieber à côté du best of de Mozart. Autour de ces deux extrêmes, une large gamme de genres musicaux et de formats s’offre aux passants : les disques 33 tours et 45 tours pour les crooners légendaires, des compilations de variétés issues de l’âge d’or du DVD, des cassettes d’époque. En 22 ans d’activité, son petit commerce a su composer avec son temps.

Avant la musique à proprement parler, le format physique en lui-même est déjà un attrait en soi. De fait, les articles vendus ici racontent déjà leur propre histoire avant la première mélodie : notes manuscrites sur une cassette, marques du temps sur les pochettes des disques en vinyle. Cela tient de la façon dont Jérôme approvisionne sa collection. « Des passants me font signe quand ils ont des pièces dont ils aimeraient se débarrasser. Alors, je me déplace chez eux pour vérifier si le disque en question fonctionne, et s’il est original ». Non seulement, cette approche amène de la vie dans les disques en vente, mais amènent aussi des trésors qui ne sont plus sur le marché depuis des décennies, pour ceux qui veulent bien fouiller. « Ceux qui ont acheté une fois reviennent toujours après. Ils me demandent quels sont les nouveaux arrivages. J’ai déjà une base de données de clients fidèles que j’appelle à chaque nouvelle acquisition. »

Pour ce qui est de la musique, Jérôme privilégie d’abord le goût des clients fidèles. « Le genre de musique le plus demandé reste le jazz, et après ce sont les variétés françaises. En fait, les acheteurs de longue date sont des personnes d’un certain âge, et ils adorent replonger dans la musique qui a baigné leur jeunesse. Souvent les gens me disent qu’écouter des disques n’a rien à voir avec les morceaux téléchargés, c’est différent. » Pour autant qu’il soit porté par la passion, il n’en demeure pas moins qu’il est aussi un entrepreneur. La petite boutique à ciel ouvert est organisée de façon à attirer du monde. « Je mets en avant ce qui marche bien pour le moment, et maintenant c’est Lionel Richie et James Brown. Les cassettes coûtent environ 3 000 Ariary, pour les VCD et les DVD c’est à 10 000 Ariary, et les disques sont à 15 000 Ariary. »

Avec cinq à six articles vendus par jour, Jérôme affirme que ce travail assure les besoins de sa famille. Néanmoins, il admet que le numérique a impacté son affaire. « Certes, nous vendons toujours tous les jours, mais il y a moins de clients depuis l’arrivée de la carte mémoire. La plupart des gens préfèrent les nouvelles technologies. » Une nouvelle tendance qu’il a observée pourrait relancer la vente de disques comme dans le temps, l’émergence d’une nouvelle génération de clients. « Le rock est en train de devenir populaire auprès de certains jeunes. Il y a de plus en plus de jeunes qui achètent des vieux disques de rock. »

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Contact : +261 34 20 769 39

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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